
J'ai pu avoir un éclairage saisissant sur son oeuvre lors de la très belle exposition "Anonymes, L'Amérique sans nom" à la nouvelle salle "Le BAL" à Paris XVIII°, expo dont j'ai déja parlé ici même il y a peu de temps.

Les approches formelles de Walker Evans continuent à avoir une influence profonde sur notre perception de l'art et de l'anonymat aux Etats Unis.
Walker Evans, vers la fin des années vingt s'affranchit de l'imitation de la peinture ancienne pour se tourner vers l'expérimentation photographique autour de l'ordinaire et du quotidien : il s'est consacré à l'observation des américains anonymes dans leur cadre de vie.
Il a tout d'abord publié des ensembles de photos dans de modestes journaux, puis dans le magazine Fortune.

Son célèbre ouvrage "American Photographs", publié à New York en 1938 est sans doute la tentative la plus sophistiquée pour exprimer les rapports entre vie moderne, anonymat et photographie.
Evans est célèbre pour la puissance de ses images isolées et par les rapports suggérés entre elles, en particulier pour ses portraits pris dans le métro de New York.


Son travail absolument remarquable intitulé "People and Places in trouble" (Fortune 1961) établit un rapport frappant entre l'immobilité muette de la photographie et les effets destructeurs du chômage sur l'esprit et le corps.
Des citoyens "laissés pour compte" s'y expriment avec dans les yeux une intensité qui ne peut nous laisser indifférents.

On perçoit dans ces regards saisis par Evans toutes les nuances de la colère, de l'humiliation et de la peur : l'absolu désespoir personnel!

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