mardi 29 juin 2010

Tom Benton, un peintre américain du quotidien

Les oeuvres picturales de Thomas Hart Benton, ou Tom Benton (1889-1975), ont un coté sculptural.


Elles dépeignent la vie quotidienne aux USA : le Midwest, le Sud, l'Ouest américain, mais aussi New-York où il passa 20 ans de sa vie.

Lors d'un séjour à Paris, il rencontra d'autres artistes tels que Diego Rivera et Stanton McDonnald Wright, le fondateur du Synchromisme, qui l'a fortement influencé (le Synchromisme est un mouvement artistique créé en 1912, basé sur l'idée que les couleurs et les sons sont des phénomènes similaires et qu'un peintre peut composer son tableau tout comme un musicien compose une symphonie).

Pendant la Guerre de 14-18, il a travaillé aux peintures de camouflage des bateaux de guerre, travail qui, à ses propres yeux, a été très important dans sa vie d'artiste...

Dès 1920, influencé par Le Greco, Benton s'est déclaré "ennemi du modernisme" et a commencé un travail réaliste et naturaliste reconnu aujourd'hui sous le terme de "Régionaliste".

Sympathisant de gauche, Benton s'est attaché à décrire la vie des ouvriers et des paysans, ainsi que celle des noirs américains.
Il s'est installé à Kansas City, Missouri, et fut celui qui influença le plus le peintre Jackson Pollock.

C'est au magnifique "Nelson-Atkins Museum of Arts" de Kansas City , dans le Missouri, que j'ai pu découvrir et approcher ses oeuvres, pour moi totalement inconnues.

A noter que ce Musée renferme une des collections majeures d'oeuvres d'art de tous les Etats-Unis!

Je reviendrai sur ce sujet tellement ce Musée, à l'intérieur et à l'extérieur est époustouflant.
La photo ci-dessus est simplement la cafétéria où nous avons (bien) déjeuné deux jours de suite, tellement tout est fait dans ce Musée pour alimenter le regard, l'esprit, l'âme et le corps!

samedi 26 juin 2010

En Suisse, dans les Grisons, sur la Via Spluga

Dans les Grisons, en Suisse, nous avons marché 3 jours sur un ancien chemin muletier : la Via Spluga, au sud de Chur (Coire).

Il y a déja 2000 ans, ce sentier était le meilleur chemin pour relier Thusis à l'Italie, pour relier la fraîcheur du Nord au climat plus tempéré du Sud.
Ce sentier nous permet de traverser les gorges de la Roffla et celles de la Via Mala, les plus spectaculaires.

Il est agrémenté de ponts suspendus impressionnants.

Dès 1473 les habitants de ces vallées ont entrepris de sécuriser le passage de la Via Mala de façon à faciliter le commerce et les échange Nord/Sud, vers les Cols du Splügen et du San Bernardino.

Jusqu'en 1739 le sentier cheminait sur la rive gauche du Rhin postérieur. En 1739 Christian Wildener, de Davos, construisit deux pont de pierre qui permirent de cheminer sur la rive droite du Rhin.

Les gorges de la "Via Mala Schlucht"sont absolument spectaculaires.
Autrefois redoutées, ces gorges impressionnantes, surplombées d'à pics de 300m, étaient appelées "Mauvais Chemin" par les voyageurs ; avec ses passages étroites, ses chutes de pierres, ses eaux tumultueuses, elle constituait un obstacle sur l'itinéraire qui traversait les Alpes.

Belles, mais sauvages et dangereuses, et c'est ce qui en fait l'attrait aujourd'hui!

Goethe les traversa en Mai 1788 lors de son retour en Allemagne, après son fameux voyage en Italie.
Des lieux de culte anciens, des vieux ponts, des églises et des chateaux témoignent de l'importance de ce site.

Depuis Splügen, charmant village des Grisons, nous avons pris le bus postal pour nous rendre en Italie, puis nous avons franchi le Col du Splügen (2113m), encombré de nombreux névés, en venant d' Isola (Italie), pour rejoindre Splügen, en franchissant les barres rocheuses exposées de la "Cardinello Schlucht", par un temps incertain.

Ce sentier est spectaculaire.
Ce passage au romantisme sauvage, et autrefois dangereux, longe la falaise gauche de la vallée à travers les gorges abruptes du petit fleuve Liro.
Ce tronçon de la Via Spluga vaut absolument le détour, malgré un effort certain (7h30 et 1000m de dénivellé). A éviter en cas de risque de pluie!

jeudi 24 juin 2010

De Chicago aux Grisons, en Suisse

Trois semaines fantastiques aux Etats-Unis, à l'aventure, avec un copain américain de longue date : "On the road again..."

Deux semaines côté nature (5500km parcourus) en Arizona, Nouveau-Mexique, Colorado, Kansas, Missouri, Indiana et Illinois...ouf!


Et une semaine côté ville, à Chicago, et quelle ville!

La cerise sur le gâteau : le Festival de Blues de Chicago : trois jours fous d'émotions intenses.

Pour me remettre de mes émotions et du décalage horaire, je viens de passer quatre jours de randonnée en Suisse, dans les Grisons, avec mes amis alsaciens fous de la rando en Suisse, et à juste titre...
Pas vraiment la canicule, mais que de beautés à portée de main, ou plutôt de pied, car c'est à pied qu'il faut découvrir cette nature là!


Je débarque donc et m'apprête à vous distiller quelques impressions de promeneur d'au delà des mers, même si la promenade s'est faite surtout en voiture, en bus et en métro.
Si, j'ai fait une marche de 2h dans la splendeur géologique du Parc National de Tent Rocks.
C'est tout!
A suivre!

mercredi 19 mai 2010

Sur les traces de Tintin, en Amérique...

Le "promeneur du 68" part, comme Tintin, à l'aventure, en Amérique, pour 3 semaines, retrouver un vieil ami en Arizona...


...si le volcan (comment s'appelle-t-il déjà, ah oui, je me souviens : Eyjafjallajokull...) ne se rappelle pas à notre bon souvenir au dessus de l'Atlantique Nord.

Le voyage peut d'ailleurs de ce fait se terminer à Paris...l'aventure n'étant pas toujours là où on l'attend.

En tout cas, nous espérons "faire la route".
"On the road", 53 ans après Jacques Kérouac, version soft, et "macdonnaldisée", mais l'aventure est toujours là, sous d'autres formes.

Aux USA, les surprises et les découvertes nous attendent toujours aux détours des routes, des parkings et même des Wal-Mart...

Nous traînerons nos guêtres de Phoenix, Arizona, et, via le Colorado, le Nouveau Mexique, le Kansas, le Missouri, et l' Illinois, jusqu'à Chicago.

Nous emprunterons forcément, rien que pour le fun, la fameuse"Route 66"qui joignait Chicago à Santa Monica, en Californie, sur 4000 km en traversant les états où nous passerons.

Elle fut la première route transcontinentale goudronnée des USA.
Les américains l'appellent d'ailleurs Mother Road, ou Main Street USA.
Elle a été déclassée en 1985 et n'a donc plus d'existence officielle, mais conserve un caractère mythique.

Au programme : rencontre d'amis, visites dans les réserves indiennes, et randonnées dans des Parcs Nationaux, festivals de musique (jazz, country), ...and so on.

Nous irons au coeur de réserves indiennes, car mon copain y a ses entrées, et de bons copains à lui, tout comme il m'y avait entraîné il y a déjà 5 ans.

Nous n'irons pas chez les Black Feet (qui sont beaucoup plus au Nord, vers le Montana) sur les traces des (més)aventures de Tintin, mais du côté des Hopi et des Navajos.

Il paraît que Chicago a bien changé depuis l'époque où Tintin y faisait ses "reportages" auprès des petits camarades d'Al Capone...eh oui!

Chicago est devenue la 3° plus grande ville des USA, sur la rive SO du Lac Michigan. L'agglomération compte plus de 8 millions d'habitants.

C'est le 2° centre industriel des Etats Unis et l'une des plus importantes places financières du monde.
Capitale mondiale de l'architecture moderne, Chicago a presque définitivement liquidé sa mauvaise réputation.


C'est la ville des superlatifs.

Notez quand même que le Mac Do de Clark Avenue est celui qui débite le plus de hamburgers au monde...important à savoir, mais qu'il ne compte pas sur moi!

Il y a heureusement pas loin de 7000 restaurants à Chicago, de quoi trouver notre bonheur, si nous avons encore de l'appétit, après avoir "dévoré" au moins 3500 km.

Il parait aussi que Chicago est une ville agréable, très vivante, propre, avec de larges avenues bordées d'espaces verts, et qui se laisse découvrir à pied...la paradis des randonneurs, et des marathoniens.
...
Donc, silence radio sur ce blog pendant 3 semaines, à moins que quelque cybercafé ne se trouve sur notre route!

dimanche 16 mai 2010

Un Macbeth de Verdi sombre et sanglant

L'Opéra du Rhin nous a offert, à La Filature, à Mulhouse, un Macbeth de Verdi sombre et sanglant.

La noirceur des personnages (Macbeth instrumentalisé par Lady Macbeth) obnubilés par leur désir de pouvoir, est remarquablement bien mise en valeur par un décor sombre et inquiétant, une mise en scène originale(de Francisco Negrin), et une interprétation totalement magistrale.

Tout cela allant de pair avec la puissance musicale de Verdi qui se manifeste en particulier dans des choeurs d'hommes époustouflants, magnifiquement mis en valeur par l'Orchestre Symphonique de Mulhouse, qui resplendit de mille feux sous la direction de Enrique Mazzola et les Choeurs de l'Opéra du Rhin.
Toutes les nuances sont là, des plus suaves aux plus déchirantes!

Et malgré leur puissance formidable, Elisabete Matos, en Lady Macbeth assoiffée de pouvoir, rongée par le remors et la folie, réussit à dominer et les choeurs et l'orchestre.
Sa voix immense et puissante, au format wagnérien est proprement sidérante et assez incroyable!

Belle présence dramatique de Bruno Caproni en Macbeth hésitant, torturé par ses doutes, puis pris totalement par l'engrenage criminel et la folie qui le ronge.

Tous deux perdont totalement le bénéfice attendu de leurs crimes.


Verdi invente là un nouveau langage musical : plus de "bel-canto" pour des âmes si noires et torturées! Des effets vocaux aux antipodes des habitudes musicales de l'époque.

Pour installer une ambiance mystérieuse et angoissante, Verdi n'a laissé aucun temps mort dans le déroulement de sa musique. Elle est conçue pour plonger le spectateur dans un état particulier dont l'intensité dramatique ne cesse de croître.


Macbeth a été représenté pour la première fois au Teatro della Pergola à Florence le 14 Mars 1847.
Macbeth avait été commandé pour le carnaval ; le théatre dut ouvrir ses porte bien plus tôt que prévu, et le public réserva un triomphe à Verdi.

Certains critiques accusèrent Verdi de ne pas connaître Shakespeare.
Cela le rendit furieux, et il écrivit, lui qui était le plus modeste des compositeurs : " Que je n'aie pas su rendre parfaitement l'esprit de Macbeth, passe encore. Mais que je ne connaisse pas, que je ne comprenne pas Shakespeare, non, que Dieu me garde, non! Il est l'un de mes poètes préférés, et je l'ai lu et relu sans cesse depuis ma plus tendre enfance!"

Macbeth était, parmi ses oeuvres, l'une de celles que Verdi préférait.

On peut dire qu'elle résume de façon magnifique cette période de la carrière de Verdi.
Il a réussi pour la première fois la synthèse des trois éléments qui dominent sa musique : le théatre, les personnages, et le patriotisme.
...

Le patriotisme qui domine tout particulièrement dans les choeurs magnifiques de la fin du dernier acte.

mardi 11 mai 2010

Une histoire de fou(s) : le film "Bedlam" de Mark Robson, 1946

Je viens de visionner un film de Mark Robson, de 1946 : Bedlam, avec Boris Karloff, Anna Lee,...


Une petite merveille, dans le genre "fantastique réaliste".


A Londres au XVIII° siècle, une jeune femme spirituelle et audacieuse s'intéresse aux conditions d'internement inhumaines des malades mentaux au Bethlehem Asylum, Bedlam.


Le directeur de l'établissement, l'effrayant Maître Sims, magistralement interprété par Boris Karloff, va finir par faire enfermer la jeune femme à l'asile. Je ne dévoile pas la suite...

Ce film est une production de la RKO, la prestigieuse compagnie, qui connait son apogée entre 1930 et 1949.


Ce film a été censuré en Angleterre, à cause de sa féroce remise en question des asiles psychiatriques. Il a été inédit en France jusqu'en 1974.


Belles photos, beaux décors, un Boris Karloff qui interprête magnifiquement un directeur d'asile odieux et machiavélique.


Ce film est en fait un plaidoyer fort pour la prise en considération des pensionnaires des asiles, et contre les agissements de personnages haut placés pour faire interner des personnes qui auraient pu leur nuire.


Ce n'est pas un film d'horreur, mais un film plus réaliste qu'il ne semble à première vue, une chronique sombre de l'Histoire.
Un film qui aborde avec maestria des questions essentielles : la vanité et l'égoïsme de la classe gouvernante, la liberté d'expression, l'humanisme, les droits de l'homme, la justice.


Vraiment, un beau film à emprunter dans les médiathèques, et à découvrir.

Ce film s'inspire de la série des 8 peintures de William Hogarth (1697-1767) datant de 1733 et intitulées "A rake's progress", que je traduirais par "L'itinéraire d'un débauché".

Cette série de peintures raconte l'histoire de Tom Rakewell, un jeune homme qui, après avoir hérité de la fortune paternelle, suit le chemin du vice et de la débauche, pour finir par sombrer dans la folie, et être interné à Bedlam. Il y est enfermé avec un musicien, un astronome et un archevêque...
On y voit de jeunes femmes bien comme il faut venir y observer les malades mentaux, et c'était effectivement à l'époque une distraction très prisée en ville.
On peut en voir le détail sur :
http://www.soane.org/rakesprogress.htm
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La question des internements abusifs est-elle encore d'actualité ? Il parait que dans certains pays....

vendredi 7 mai 2010

La "Folie Marco" à Barr, en Alsace

Paris n'a pas eu le monopole des "Folies" : la Folie Méricourt, la Folie Régnault (évoquée dans ma note du 25 novembre 2009).
Il y a aussi une magnifique "Folie" en Alsace, à Barr, très précisément, dans le Bas-Rhin : c'est la "Folie Marco".

L'occasion m'a été offerte de visiter hier cette imposante "Folie" du XVIII° siècle, construite par Louis-Félix Marco, bailli de la Seigneurie de Barr.
Cette demeure patricienne, construite dans un parc (redessiné en 2001) à l'orée de la ville de Barr, a été remaniée au XIX° siècle par la famille Trawitz.

Les frères Henri et Gustave Schwartz l'ont aménagée ensuite avec soin et goût. Cette demeure est devenue Musée grâce au legs qu'ils en ont fait par testament à la ville de Barr.

En gravissant les étages, le visiteur remonte dans le temps et prend plaisir à découvrir du mobilier régional de très grande qualité et de toute beauté : Empire et Restauration au Rez de chaussée, Régence et Louis XV au 1° étage, et au 2° étage, Renaissance Rhénane et mobilier alsacien du XVII°.
Nous pouvons y admirer également d'importantes collections de faïences et de porcelaines, entre autres alsaciennes et lorraines des XVIII° et XIX° siècles (Niderviller, Lunéville,...), mais aussi de Delft, ainsi que des collections d' étains de toute beauté du XVIII° siècle.

Le visiteur pénètre ainsi dans l'intimité des familles qui se sont succédées dans cette imposante demeure durant deux siècles.
En face, une belle vigne datée du Moyen-Âge fait partie du domaine depuis la Révolution.


A noter également un remarquable bâtiment dans la cour de la demeure principale : des "communs" hors du commun (bâtiment classé, il me semble).


Agrémentez votre visite de cette "Folie" remarquable, par une autre "folie" : la dégustation du fameux "Klevener" de Heiligenstein, village proche de Barr.

Le "Klevener" : un vin unique en Alsace, qui vous réjouira le palais et les sens (voir ma note du 15 septembre 2009)!