samedi 15 octobre 2016

Photographie : hommage au photographe humaniste Louis Stettner


Le photographe américain Louis Stettner est décédé jeudi à l'âge de 93 ans.

Louis Stettner

C'était un photographe sensible et engagé, un photographe humaniste.

Joueurs de cartes, New-York, 1958
Manhattan from the Brooklyn promenade, 1954
L'une de ses plus fameuses photos

Louis Stettner était d'une créativité débordante : il écrivait, dessinait, peignait, sculptait et surtout photographiait.

"Entre la France et les Etats-Unis, avec un pied sur chaque continent, il a su rendre de façon sensible et engagée la vie quotidienne de ses semblables." a déclaré le Président du Centre Pompidou dans un communiqué.
Le Centre Pompidou lui avait en effet consacré une rétrospective il y a quelques mois.

Ses derniers clichés, il les avait faits dans la forêt des Alpilles avec une lourde chambre 20x25, des photographies presque abstraites.




Je lui avais consacré une note en 2013 à l'occasion d'une exposition à la Bibliothèque Nationale de France : voir ici .

jeudi 13 octobre 2016

Une énorme surprise : Bob Dylan Prix Nobel de Littérature !


Bob Dylan a reçu aujourd'hui même le Prix Nobel de Littérature ! 
Une surprise de taille, pour une légende vivante!

Voir ici ma note sur mon autre blog !

Bob Dylan en 2015

dimanche 9 octobre 2016

Opéra : Tristan et Isolde : ouf!


Hier soir, nous avons visionné, au Kinepolis de Mulhouse, la retransmission depuis le Met, à New York, de Tristan et Isolde de Richard Wagner.

Isolde (Nina Stemme)

Le Met a en effet ouvert sa saison lyrique par cette histoire d'Amour et de Mort qui représente un véritable challenge pour les interprètes: Nina Stemme (Isolde), Stuart Skelton (Tristan), Ekaterina Gubanova (Brangäne) et René Pape (Le Roi Marke), ainsi que pour l'Orchestre, magnifiquement dirigé par Sir Simon Rattle... mais...

... un long, très long spectacle (de 18h à 23h, dont 4h de musique) qui nous a laissé sur notre faim, malgré les prestations vocales et scéniques splendides de Nina Stemme :

Nina Stemme en Isolde
et de Stuart Skelton :

Stuart Skelton(Tristan) et Nina Stemme
Ekaterina Gubanova a été superbe, et j'ai apprécié à nouveau d'entendre René Pape, et sa magnifique voix de basse, malheureusement déguisé de façon fort curieuse en amiral de la flotte.

La mise en scène de Mariusz Trelinski était plus que surprenante, et a vrai dire nous a complètement déçus.

Un choix pour le moins curieux de décors, de vidéos et de costumes sur le thème de la navigation, de la haute mer, qui nous a semblé déplacé et anachronique.

Où sont les interprètes ?...

Qui plus est une tonalité visuelle particulièrement sombre de l'ensemble du spectacle, qui nous faisait par moments partir à la recherche des interprètes, devenus évanescents dans les entrailles crépusculaires d'un bateau, voire  d'un sous marin...

 Nous sommes amateurs de Wagner, de la Tétralogie, de Parsifal, mais j'avoue que Tristan et Isolde a de ces longueurs, dans des duos qui n'en finissent plus et qui visiblement sont fort éprouvants pour les interprètes, et qui finissent par l'être également pour les spectateurs.

Si on y rajoute cette mise en scène crépusculaire : ouf !!

Ecouter ici Nina Stemme dans l'Acte III de Tristan et Isolde.

Voir également ici le point de vue de JCMemo sur cet opéra.


vendredi 7 octobre 2016

Rick Bartow, un artiste amérindien exceptionnel


Lors de notre long séjour dans l'Ouest américain, nous avons pu visiter nombre de musées fort intéressants consacrés à l'art amérindien, tant passé qu'actuel, au Colorado, en Arizona et au Nouveau Mexique.

Nous avons été surpris et touchés par la vitalité toujours actuelle de la production de nombreux artistes appartenant à différentes communautés et tribus.
Et c'est par cette production artistique hors du commun que se maintient et se développe la culture amérindienne aux USA.


Nous avons été en particulier impressionnés par notre visite, à Santa Fe, au Nouveau Mexique, au Museum of Contemporary Native Arts,  musée dépendant de l'Institute of American Indian Arts .

J'y ai  découvert avec étonnement et bonheur les oeuvres de Rick Bartow, un artiste amérindien exceptionnel.

Rick Bartow dans son atelier
Newport, Oregon, en avril 2015

Rick Bartow (1946-2016) était membre des Wiyot Indians, une petite tribu indigène du Humboldt County, tout au nord de la Californie, qui ne compte actuellement pas plus de 450 membres.

Un peu d'histoire : cette tribu est la plus occidentale des tribus amérindiennes à parler une langue dénommée "Algic language".

Les Wiyots furent les derniers amérindiens à avoir eu, au XIX° siècle, un contact avec les blancs, chercheurs d'or, colons et militaires, dans les années 1850, contacts devenus rapidement hostiles.

En effet, les missionnaires espagnols installés en Californie auparavant n'avaient pas dépassé vers le nord la Baie de San Francisco.


Le 26 février 1860, plus d'un millier de membres de la tribu, et en particulier les femmes et les enfants furent sauvagement massacrés par les colons, qui s'approprièrent leurs terres.
Les survivants furent déportés et traités en esclaves.

Les enquêteurs n'ont par la suite trouvé aucun témoin, alors que les assassins étaient parfaitement connus de tous, et personne n'a été inquiété par la justice...

Cette tragique histoire fait désormais partie de leur identité et de leur héritage culturel. 

Ils ont pu depuis récupérer des terres et redonner vie à leurs traditions et à leurs cérémonies, en particulier à la World Renewal Ceremony. Voir leur site ici.

Danseuses Wiyot (en 2009) 
Mais revenons à Rick Bartow, dont l'oeuvre est profondément marquée par le passé dramatique de son peuple.

Il s'est formé à la Western Oregon University, puis a été enrôlé de 1969 à 1971 et a servi pendant la guerre du Vietnam, ce qui l'a également fortement marqué.

L'exposition qui lui est consacrée à Santa Fe s'intitule "Things You Know But Cannot Explain".


Certaines de ses oeuvres me font penser à Francis Bacon.
Il a également été influencé par Chagall, Odilon Redon.



Rick Bartow donne forme à ses visions, aux ombres qui le hantent, mêle animaux et visages humains, donne corps à des "présences totémiques"...

Il utilise tous les media : graphite, pastel, acrylique, pointe sèche sur métal, monotypes, sculptures,...

Les mots qui le guident, tout au long de son oeuvre, avec le monde immense  des réalités qu'ils signifient : Le Geste, le Soi, la Tradition, la Transformation.







"Je suis un vieil homme. Je sais ce que sait un vieil homme. Mais je cherche toujours des solutions. C'est le processus de création qui est important".

Pour nombre d'artistes, l'art est une forme de thérapie. Pour Rick Bartow, l'art est ce qui lui a permis de rester vivant.
L'art l'a aidé à affronter ses démons intérieurs et les traumatismes de sa vie et de celle de son peuple.

Il a du gérer les traumatismes du Vietnam, l'alcoolisme, la maladie et en particulier un récent
infarctus, en Août 2013.

"J'aurais pu être paralysé, attraper tout un tas de choses, j'aurais pu me faire pitié, mais non, je suis reconnaissant!"

Et cette reconnaissance, après cet infarctus, a explosé dans de nouvelles oeuvres toujours plus dynamiques, colorées, mêlant humains et animaux, pleines d'humour, et surtout toutes remplies d'une légèreté et d'une joie de vivre rarement vues dans ses oeuvres antérieures.

Se trouvant face à un sens devenu aigu de sa mortalité, Rick Bartow était empli de l'urgence de "faire art".

Il est mort le 2 Avril 2016 d'une attaque cardiaque.


Une découverte que je n'ai pas fini d'approfondir.

lundi 3 octobre 2016

Randonnée en Forêt-Noire, à Oberprechtal


Une belle randonnée d'automne en Forêt-Noire, hier dimanche 2 octobre, nous a permis de reprendre pied, après notre magnifique voyage d'un mois dans l'Ouest américain.



Nous apprécions fort de partir à la découverte des petites vallées tranquilles et reposantes qui nous accueillent de l'autre côté du Rhin, si proches de notre belle Alsace... et si différentes des espaces démesurés du grand Ouest américain.
Là, nous trouvons le coeur, la nature rafraîchissante, et le réel, l'enracinement.

Oberprechtal
La Forêt-Noire est proche, certes, mais il nous a fallu près d'une heure vingt pour nous rendre, à partir de Colmar, à Oberprechtal, au Nord de Freiburg (im Breisgau), via Waldkirch et Elzach.



Oberprechtal est un village charmant et bien soigné, aux près verts et aux ruisseaux rafraîchissants.


Saint Paul veille sur cette maison soignée






Un circuit agréable de 14 km, sans difficultés particulières, avec 460m de dénivelé et d'une durée de 4h30 nous a mené, par Hänslehof, puis le Stockwald Weg, vers Färlefelsen et Huberfelsen.

Huberfelsen est un promontoire de granit qui offre une vue panoramique sur la région et qui fut nommé ainsi, en 1902, en souvenir d'un certain Theodor Huber (1758-1816).

Huberfelsen


Puis, nous arrivons à Prechtaler Schantze.

Nous découvrons là un souvenir d'une époque reculée, une borne, située à 770m d'altitude, érigée en 1565, pour marquer la séparation de bans (Bannstein) et qui servit ensuite à marquer la frontière entre le Duché de Bade (Prechtal) et le Württemberg (Gutach).


De plus, il subsiste à cet endroit de nombreuses ruines de positions de défense allemande qui furent érigées en 1700 et 1800 notamment pour éviter les constantes invasions françaises.

Mais la modernité nous attendait aussi à Prechtaler Schantze, sous la forme de 4 toutes nouvelles éoliennes qui n'existaient pas lors de notre précédente randonnée ici même en mars 2015.


Le parc de 4 éoliennes

Ces éoliennes sont gigantesques : 207m de haut pour la plus grande. Le diamètre du rotor : 116m.
La puissance nominale : 3000 kW.

Impressionnant de voir la modernité rejoindre l'histoire en un raccourci saisissant.

Notre marche, via Haselberg, le col de Landwassereck, Burggraben et Kirchberg, nous ramène finalement après une forte descente en forêt, vers Oberprechtal, non sans avoir pu remarquer au passage, un calvaire où le Christ avait donné abri à un magnifique essaim d'abeilles...



vendredi 30 septembre 2016

En Arizona, un bijou exceptionnel : Antelope Canyon



Nous voila de retour en Alsace, n'ayant pas encore vraiment atterri, des images plein la tête et le coeur, après notre séjour d'un mois dans l'Ouest américain : tant de paysages exceptionnels, tant de gens différents rencontrés, en particulier des amérindiens.

8000 km à faire la route, au Colorado, en Arizona et au Nouveau Mexique, ça laisse des traces...

Et pour commencer, le souvenir d'une journée passée à visiter Antelope Canyon, le plus beau bijou de l'Arizona, peut-être même des USA.

Il est situé près de Page, Arizona, non loin du Lac Powell.



Entrée d'Upper Antelope Canyon

Nous avions raté ce site l'an passé, lors de notre passage à Page, et nous nous étions promis d'y revenir, ce qui fut fait cette année.


Antelope Canyon est un canyon très étroit (slot canyon), creusé par l'eau et où les couleurs varient d'un gris intense à toutes les gradations d'orange et de violet.

A certaines heures de la journée les rayons du soleil pénètrent dans cette faille par des puits de lumière, rendant ce lieu absolument féérique : quelque chose d'inimaginable.






Upper Antelope Canyon, le plus connu et le plus visité, se situe à environ 2 miles à l'Est de Page, au Sud de l'autoroute 98, sur la réserve Navajo. L'accès se fait en 4x4.

Entrée de Lower Antelope Canyon

Lower Antelope Canyon, moins connu, mais à notre avis le plus beau, est situé au Nord de la 98.
L'accès dans la faille, plus sportif,  se fait à pied par des escaliers et des échelles métalliques.




C'est une jeune indienne Navajo, en 1931, partie à la recherche de ses moutons, qui découvrit cette gorge.

Il faut d'abord payer le droit d'entrée dans la réserve Navajo (8$).
Il est vivement recommandé en haute saison de réserver les visites à l'avance par internet (40$ pour Upper et 20$ pour Lower).
Les visites sont en effet obligatoirement guidées, car des pluies inattendues peuvent très rapidement l'inonder.





Nous sortons de Lower Antelope Canyon totalement éblouis par le spectacle, dont un guide Navajo attentif, fort aimable et compétent au niveau photo a su nous faire percevoir toutes les subtilités et toute la beauté.

Sortie de Lower Antelope Canyon
au coucher du soleil

Moments magiques!