L’Opération Barbarossa est le nom de code de l’invasion allemande de l’URSS en juin 1941, faisant fi du Pacte germano-soviétique de 1939.
Hitler considérait l’URSS communiste comme l’ennemi existentiel du Reich, et l’espace soviétique comme le futur « espace vital » (Lebensraum) pour la colonisation germanique, au prix de l’extermination ou de l’asservissement des populations slaves et juives.
Le 22 juin 1941, environ 3,5 à 3,8 millions de soldats de l’Axe, plus de 3 000 chars et 2 500 avions attaquent sur un front de plus de 2 900 km, sans déclaration de guerre préalable.
C'est la plus grande opération militaire terrestre de l'histoire.
L’été 1941 , les succès sont fulgurants et l'effet de surprise est total. L’Armée rouge, mal préparée subit des pertes colossales : les Allemands avancent de centaines de kilomètres.
Mais en Décembre 1941, c’est l’échec devant Moscou : les troupes allemandes sont stoppées par l'arrivée de l'hiver russe, l'épuisement des lignes de ravitaillement, l'arrivée de divisions sibériennes fraîches et surtout la contre-offensive menée par Joukov début décembre.
Barbarossa marque aussi le début de la guerre d’extermination à l’Est (Einsatzgruppen, traitement des prisonniers soviétiques, famine organisée): ici.
L’arrivée allemande en juin-juillet 1941 dans les Pays Baltes a d’abord été vécue par une partie significative de la population comme une libération après un an d’occupation soviétique brutale, marquée par les déportations de masse de juin 1941 (dizaines de milliers de Baltes envoyés au Goulag quelques jours avant l’invasion allemande).
Cet accueil s’est vite mué en déception : les Allemands n’ont jamais restauré l’indépendance et ont aussitôt intégré les trois pays au Reichskommissariat Ostland.
Conséquences et situation pour chaque pays balte :
Lituanie :
C’est le pays où la violence a été la plus immédiate et la plus intense.
![]() |
| Plan du Grand et du Petit Ghetto de Vilnius |
![]() |
| En mémoire du Gaon Elijahu de Vilnius |
Le Front des activistes lituaniens (LAF) a proclamé un gouvernement provisoire, et des pogroms ont éclaté, en particulier à Kaunas, avant même l’arrivée des troupes allemandes.
![]() |
| Rue du Ghetto de Vilnius |
![]() |
| Reproductions au pochoir d'Edward von Löngus |
À Vilnius, les fusillades de masse ("Shoah par balles") à Ponary (Paneriai) menées par l’Einsatzgruppe A avec le concours d’unités auxiliaires lituaniennes (notamment le Ypatingasis būrys - Unité Spéciale), ont fait plus de 70 000 victimes, en majorité juives.
![]() |
| Mémorial des massacres de Ponary |
![]() |
| Balys Norvaiša, commandant de l'Unité Spéciale |
Dès la fin de 1941, l’essentiel de la population juive lituanienne hors ghettos avait déjà été exterminé.
La Lituanie affiche le taux d'assassinats le plus élevé d’Europe : environ 95-96% des Juifs lituaniens ont péri.
Lettonie :
Le ghetto de Riga a été le théâtre du massacre de Rumbula (novembre-décembre 1941), où environ 25 000 Juifs ont été fusillés en deux journées pour faire place aux Juifs allemands déportés vers Riga.
![]() |
| Ghetto de Riga |
![]() |
| Les massacres de Rumbula |
Le Kommando Arājs, unité auxiliaire lettone dirigée par Viktors Arājs, a joué un rôle central dans ces tueries et dans la répression plus large.
![]() |
| Viktors Arājs chef du Kommando Arājs |
Environ 90% des Juifs lettons ont été exterminés.
Estonie :
La communauté juive y était la plus petite des trois pays (environ 4 500 personnes), et beaucoup avaient pu fuir avec les Soviétiques avant l’arrivée allemande.
L’Estonie a été déclarée « judenfrei » (!) dès janvier 1942, l’un des premiers territoires européens à recevoir cette désignation macabre, bien que le nombre absolu de victimes y ait été moindre.
![]() |
| Camp de Klooga |
Le Camp de Klooga (où un massacre a eu lieu en 1944, juste avant le retrait allemand) et l’Omakaitse (milice d’auto-défense estonienne) illustrent la participation locale
En résumé, à propos de la collaboration avec les nazis dans les Pays Baltes :
Dans les trois pays, l’engagement de certains dans les tueries s’explique en partie par la volonté de se venger des déportations soviétiques et par l’espoir, déçu, de retrouver l’indépendance.
Des légions Waffen-SS ont été formées (légion estonienne, légion lettone, deux divisions), et un engagement plus diffus côté lituanien.
Ces collaborations restent des sujets historiographiques et mémoriels sensibles dans les trois pays aujourd’hui, notamment dans le débat sur la manière de commémorer certaines figures.
******
Puis c'est la reconquête des Pays Baltes par l'Armée Rouge.
Vilnius est prise le 13 Juillet 1944, Riga le 13 Octobre 1944 et Tallinn le 22 Septembre 1944.
A noter que la reconquête complète du territoire balte par l'Armée Rouge ne s'achève réellement qu'avec la chute de la "Poche de Courlande" en Mai 1945.



.jpeg)
.jpeg)
.jpeg)

.jpeg)






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire