Artiste majeure de la scène polonaise du 20° siècle, Magdalena Abakanowicz a livré des sculptures et des œuvres textiles puissantes, immersives, poétique et inquiétantes à la fois. Voir ici.
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| Magdalena Abakanowicz (1930-2017) |
Inspirée par le monde organique, par la sérialité et la monumentalité, sa création possède une puissance plastique et existentielle rare et une présence indéniable, en résonance avec les problématiques contemporaines : environnementales, humanistes, féministes.
J'avais déjà eu l'attention attirée sur cette artiste lors d'un séjour à Chicago ; il s'agissait de son œuvre monumentale "Agora" : 106 silhouettes en fer sans têtes disposées dans le Grant Park de Chicago, représentant une foule anonyme et figée où le spectateur est confronté physiquement aux sculptures.
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| "Agora"à Chicago |
Ses foules silencieuses évoquent la vulnérabilité, la solitude dans la masse, l'identité collective versus individuelle.
Je me suis donc précipité au Musée Bourdelle pour voir l'exposition de certaines de ses œuvres, intitulée "La trame de l'existence" (Jusqu'au 12 avril 2026).
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| "Abakans" |
Magdalena Abakanowicz a révolutionné l'art textile dans les années 1960-70 avec ses "Abakans", des sculptures monumentales en sisal, crin et fibres naturelles suspendues dans l'espace.
"Je ne m'intéresse pas au tissage sous ses formes traditionnelles, ni à son usage professionnel, ni à ses significations restreintes. Je ne m'intéresse aux techniques de tissage que dans la mesure où elles servent mon processus créatif."
L'artiste explore également les corps et la condition humaine.
Ses "Têtes" présentent des figures humaines anonymes, fragmentaires, tronquées.
Les surfaces sont rugueuses, cousues, fendues, imparfaites.
Son approche intègre l'imperfection, les accidents, l'empreinte du temps et des processus naturels de création et dégradation.
"En décidant de créer des groupes, je voulais remettre en cause la sculpture comme objet singulier, trop vite réduit à un élément décoratif. Je voulais confronter l'homme à lui-même, à sa solitude parmi la multitude..."
Son œuvre est profondément marquée par l'expérience de la violence de l'occupation nazie, de la Seconde Guerre mondiale, de la Pologne communiste et de son totalitarisme.
Sans être littérale, elle porte l'empreinte de la violence historique, de la déshumanisation moderne et de la résistance silencieuse.
Son travail reste viscéral, profondément humain, entre archaïsme et modernité, tout en étant universel et intemporel.
On pourrait résumer son œuvre comme une méditation tragique sur le corps, la foule, l'incertitude et la vulnérabilité humaine.

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