vendredi 24 janvier 2014

Photographie : Bernard Plossu, "On dirait le Sud", à Mulhouse.


J'ai particulièrement apprécié l'exposition consacrée au photographe Bernard Plossu (Voir ici) par la Galerie de La Filature à Mulhouse (Du 8 janvier au 2 mars 2014).


Cette exposition est composée principalement de photographies Noir et Blanc, mais aussi de quelques photographies couleur d'une qualité d'impression et d'un rendu proche du travail des pictorialistes à la fin du XIX° siècle (Voir ici).

Son titre ("On dirait le Sud") porte en sous titre : "L'Europe du Sud vue du train".



Bernard Plossu , fidèle en cela à sa démarche d'"être de plain-pied avec le monde et ce qui se passe", nous montre comment on peut saisir ce monde...à partir d'un train, par des instantanés saisissants, non pas tant par la qualité technique et par la netteté des clichés, que par le rendu et la netteté de son regard.

Barcelone

Bernard Plossu a promené son regard en Espagne, à Madrid, en Andalousie, en Catalogne, au Pays Basque, à Gènes, Milan, Naples, en Italie du Sud, au Portugal, dans le sud de la France, au bord de la Méditerranée...

Train Talgo, Espagne

Et toujours sont exprimés des aperçus fugitifs de la vie, des voyageurs en mouvement, des gares : rencontres fortuites, stratégies furtives et rapides des sentiments.


Bernard Plossu, photographe du mouvement, nous montre quelques chose de proche, d'indécis, de furtif, dans quoi nous nous reconnaissons, mais aussi quelque chose d'ouvert sur le monde.

Il saisit des instants intimes, mais aussi impersonnels, et les juxtapose, nous aidant à affiner notre regard et nos perceptions fugitives : qui ne s'est jamais laisser aller, au travers de la vitre d'un train, à laisser flotter son regard et son âme sur les êtres et les choses entr'aperçus? 

Bernard Plossu donne corps à nos rêveries...


Il donne forme à ces regards, à ces voyageurs saisis lors d'une brève rencontre visuelle, à ces gares et ces bâtiments, à ces arbres qui défilent sous ses yeux, sous nos yeux.

"En photographie, on ne capture pas le temps, on l'évoque. Il coule comme du sable fin, sans fin, et les paysages qui changent n'y changent rien."

Voir d'autres photos sur mon site consacré à la photographie ici.


lundi 20 janvier 2014

Rabih Abou-Khalil : une musique métissée mue par le rythme et nourrie de tradition



Nous avons eu la chance de pouvoir écouter vendredi dernier Rabih Abou-Khalil au Festival Vagamondes à Mulhouse.

Rabih Abou Khalil
Né en 1957, il  a grandi à Beyrouth, où il a étudié la musique arabe et orientale.

Son instrument de prédilection est l'oud, ou luth arabe, l'ancêtre du luth européen.
"Al-oud" signifie "le bois", terme transformé en Europe en alaude, luth.
Voir ici.

Dès l'âge de 4 ans , il tenait un oud  dans ses mains...
Ce musicien génial, toujours aux frontières des musiques, est un chercheur de rythmes, qui se nourrit de traditions : musique arabe, jazz, blues...et cherche à concilier Orient et Occident.

Personnellement j'apprécie fort cette musique "métissée" qui s'ouvre sur le monde, tout en gardant ses racines, nous aidant ainsi à mieux les connaître et les apprécier.

Il réussit à transformer, par ses improvisations, la tradition musicale arabe en un genre moderne très jazz.

Rabih Abou-Khalil


Il s'est produit à Mulhouse (La Filature) en Quartet (Quartet Méditerranéen) , avec  Luciano Biondini, à l'accordéon, Jarrod Cagwin aux percussions, et Gavino Murgia (chant sarde et saxo soprano), tous trois artistes fabuleux.

Ils nous ont donné un concert coloré, mélangé, complexe et raffiné, qui a enthousiasmé les spectateurs.

Ecoutez les ici en formation Quintet lors d'un concert en 2012 (Ici, en plus, avec Michel Godard au tuba)
Encore une fois, une magnifique programmation à La Filature de Mulhouse : Bravo!!

dimanche 19 janvier 2014

En Alsace, à Katzenthal, un Château fort qui n'en est pas un...


...enfin, pas tout à fait : c'est plutôt un "donjon-beffroi", ou bergfried, selon la terminologie archéologique allemande : en fait, une tour de guet.

C'est le "Château" du Wineck, dans les vignes de Katzenthal, en Alsace dans le Haut-Rhin, canton de Kaysersberg, près de Colmar.

Nous avons pu, lors d'une randonnée, l'admirer de près et le visiter sous la conduite d'un guide passionnant particulièrement au fait de son histoire.

Le château du Wineck

Cette construction est située sur une plateforme rocheuse, à 330 m, sur un site qui n'est pas vraiment remarquable, mais son implantation au milieu des vignes est assez spectaculaire.

Depuis 1264, c'est le seul château d'Alsace entièrement entouré de vignes.


Katzenthal et le "Château" du Wineck


Wineck signifie "le coin du vin", et pas n'importe quel vin puisque ce bergfried domine un grand cru prestigieux : le "Wineck-Schlossberg", produit sur un sol granitique.

Les vins sont produits ici avec les cépages suivants : Riesling B, Pinot gris G, Gewurtztraminer Rs.

C'est l'un des 51 grands crus du vignoble alsacien, situé entre le Kaefferkopf au nord-est et le Florimont au sud-est. 

Ce vignoble s'étend sur 27,40 ha sur les bans de Katzenthal et d'Ammerschwihr.

Le terroir du Wineck-Schlossberg
avec sa "Tour"

Katzenthal est situé au fond d'un vallon fermé sur trois côtés et abrité des vents dominants.
Son vignoble bénéficie ainsi d'un microclimat favorable à la production de vins exceptionnels... depuis 700 ans!
C'est en effet en 1264 qu'on trouve la première mention écrite du vin de Katzenthal!

Pour revenir à notre bergfried : il s'agit d'une petite forteresse exiguë ayant pour utilité principale la surveillance d'une seigneurie, qui pourrait avoir été l'oeuvre des Comtes d'Eguisheim eux mêmes.
Voir ici l'historique de ce château.

Etat initial vraisemblable
du Wineck

En 1972, l'état de ruine avancé du château - qui servait de carrière de pierres - a incité une association, réunissant des amis et les habitants de Katzenthal à créer "Les Amis du Wineck"pour entreprendre sa restauration et sa conservation.

Ruines du Château du Wineck en 1839
Gravure de J. Rothmuller

Le résultat de ce long travail réalisé par des bénévoles motivés est spectaculaire.

Ce Château est constitué d'un rempart en fer à cheval et d'un donjon de 21 m de haut.
Une seconde enceinte délimitait la basse-court.
En voir ici le descriptif.

Le Wineck



Cette restauration,  menée pendant 37 ans en bénévolat, a permis de sauver un témoin capital de l'histoire médiévale de l'Alsace. 

lundi 13 janvier 2014

Randonnée dans les Vosges : de Turckheim à la Croix de Wihr


Samedi dernier, par une température printanière et une météo relativement favorable, nous avons pu randonner dans les Vosges au départ de Turckheim (236 m) - au début de la Vallée de Munster -  par un circuit varié qui nous a fait passer par Niedermorschwihr, le Galtz  (731 m), les Trois Epis (673 m), Labaroche, le Chalet Obschel  (764 m) pour arriver à la Croix de Wihr (890 m), puis retour par un chemin légèrement différent.

Un circuit sportif soutenu (654 m de dénivelé, 7h et ... 28 km) qui nous a changé de nos courtes randonnées dans le Kaiserstuhl des jours précédents.

Nous avons pu admirer en le traversant le magnifique bourg viticole de Turckheim.

La Porte Basse, ou Untertor,
ou Porte de France
Ses vins comptent parmi les plus réputés du vignoble alsacien, grâce à son célèbre "Brand" chanté par le poète :

"A Turckheim au Brand
Croît du vin d'Alsace le Roi
Passant, qui que tu sois,
En ce vieux dicton crois, 
Arrête-toi et bois"

En effet, Turckheim bénéficie du micro-climat de Colmar, est protégé des vents du Nord et recueille un fort ensoleillement. Voir ici .

Remarquable également était notre traversée du très beau village de Niedermorschwihr, connu pour son église au clocher octogonal vrillé, ou clocher tors, qui a une flèche octogonale tordue de droite à gauche de 45° recouverte de tuiles.

Le clocher vrillé de Niedermorschwihr

Il y aurait une centaine de clochers de ce type en Europe dont plus de 65 en France, 22 en Allemagne, etc,.. 
Il semble que certains de ces clochers aient étés construits tors pour mettre en évidence la prouesse architecturale des charpentiers, mais d'autres le seraient devenus au cours du temps, suite au travail du bois.
Voir ici le détail sur tous ces clochers.

Le passage par le sommet du Galtz (731 m), où trône une gigantesque statue du Christ nous a permis d'avoir une vue étendue et partiellement dégagée sur la plaine d'Alsace.

Vue depuis le Galtz


Le passage par la station climatique des Trois Epis était nettement moins spectaculaire.
Cette station d'altitude (673 m) est à cheval sur les bans d'Ammerschwihr, de Niedermorschwihr et de Turckheim : elle abrite un centre de rééducation et de repos.

En fait, les Trois Epis ont étés fondés en 1491 et sont nés d'un pèlerinage dédié à la Vierge.
En effet, elle serait apparue à un forgeron d'Orbey, tenant d'une main trois épis de blé, et de l'autre un grêlon, augure d'une bonne ou d'une mauvaise récolte selon que les gens se convertiraient ou non.
Le pèlerinage existe toujours.

Sur la route de la Croix de Wihr, nous contemplons à nouveau la vue par de belles échappées nuageuses.



A la "Croix de Wihr", point culminant de notre circuit (890 m) se trouve un monument qui commémore l'avancée victorieuse des hommes du 152° Régiment d'Infanterie (Les Diables Rouges) lors d'un combat au corps à corps et à la baïonnette. 
Le 19 Août 2014 sera célébré le 100° anniversaire de l'offensive décisive de la Croix de Wihr où 21 soldats sont morts.

Monument aux soldats du 152°RI

 On voit également à cet endroit la Croix de Wihr, plus ancienne (1811).

La Croix de Wihr

En résumé : un beau circuit - quoiqu'un peu long - comme nous les aimons, alliant un bain de nature intense, et une rencontre de lieux magnifiques ou émouvants, chargés du passé et du présent de l'Alsace.


samedi 11 janvier 2014

Dans le Kaiserstuhl : randonnée au Badberg



Cette fois ci, notre courte et magnifique petite randonnée d'après midi, à nouveau dans le Kaiserstuhl,  nous a fait partir d' Alt-Vogtsburg et y revenir en grimpant sur la petite colline du Badberg, l'un des sommets de l'ancien volcan du Kaiserstuhl, d'où la vue est absolument magnifique.

Alt-Vogtsburg est un tout petit hameau de quelques maisons proches de leur église, situé au coeur du massif.


C'est l'un des 9 villages ou quartiers de Vogtsburg im Kaiserstuhl.
Voir ici (en allemand).

Tous ces villages, à l'exception de Burkheim, sont situés dans des vallées étroites au coeur même du Kaiserstuhl.


Vue aérienne du coeur du Kaiserstuhl

Avant le regroupement territorial, Oberrotweil et Niederrotweil avaient déjà fusionné, ainsi que Alt-Vogtsgurg et Oberbergen.

Pour cette raison, la ville de Vogtsburg est constituée de 9 villages mais seulement de 7 entités administratives.
Ce sont : Achkarren, Bickensohl, Bischoffingen, Burkheim, Oberbergen, Oberrotweil, Schelingen.

Armes de Vogtsburg

Comme on le voit sur ses armes, la vigne joue un rôle prépondérant dans l'économie de Vogtsburg, mais aussi les fruits ; le tourisme commence à se développer, principalement un public de randonneurs séduits par la beauté et les secrets de ce massif plus qu'attachant.

Séduits à nouveau, nous l'étions lors de notre montée au Badberg (435m) au cours d'un petit circuit de 6 km sur un sentier de découverte de la nature (Naturlehrpfad)!

Il se trouve que la colline du Badberg est très précisément le point central du Kaiserstuhl, et de là nous avions une vue superbe à 360°, sur la plaine d'Alsace, les Vosges et la Forêt Noire.


Circuit du Badberg

Vue d'Oberbergen
depuis le Badberg : on aperçoit les Vosges au loin.

On aperçoit au loin (zoom)
le parc d'éoliennes de la Forêt Noire

Vue depuis le Badberg
sur Schelingen
La température estivale au Badberg peut dépasser les 50°C.

Le Badberg est une réserve naturelle et on  y trouve, et c'est le seul endroit en Allemagne, des mantes religieuses (Gottesanbeterin - mantis religiosa) et des lézards verts (lacerta viridis) :

Mante religieuse du Badberg
Lacerta viridis

...ainsi que certaines fleurs de la famille des orchidées (Affen-Knabenkraut).
Voir ici.
Le Kaiserstuhl est d'ailleurs l'endroit qui présente la plus grande variété d'orchidées en Europe, avec plus de 30 espèces!

Affen-Knabenkraut au Badberg

Enchantés par ce magnifique petit circuit, nous nous sommes promis d'y revenir au printemps et au moment de la floraison vers mai/juin.

vendredi 10 janvier 2014

Randonnée dans le Kaiserstuhl : visite aux ruines du Limburg


Le Kaiserstuhl est un petit massif de montagnes moyennes d'origine volcanique situé en Allemagne, dans le Bade-Wurtemberg, au bord du Rhin face à l'Alsace, au niveau de Colmar.

L'altitude maximum y est de 557m, au Totenkopf.
Le bourg le plus important (situé au SO du massif) est Breisach am Rhein.

Le Kaiserstuhl (La chaise de l'Empereur) doit probablement son nom au Roi Otton III qui a présidé à une journée de jugements près de Saasbach en 994, soit 2 ans avant son couronnement en tant qu'Empereur.

Massif du Kaiserstuhl
et du Tuniberg

Les possibilités de belles randonnées (assez courtes) dans ce massif sont nombreuses et variées.

Voir ici de magnifiques photos aériennes du Kaiserstuhl prises en Montgolfière.

Le Kaiserstuhl bénéficie d'un microclimat chaud et ensoleillé  : le village d' Ihringen, situé au Sud du massif est en effet  le village le plus chaud d'Allemagne.

La vigne y est omniprésente, mais on y trouve également une flore et une faune quasi méditerranéennes, ainsi qu'une structure géologique spécifique (basalte, loess,...). 
Les sentiers pédagogiques (Lehrpfad) y sont nombreux.

Carte géologique du Kaiserstuhl datant de 1901
(A. Demangeon)


Notre courte randonnée, d'un peu plus de 6km, d'il y a quelques jours, nous a fait démarrer à l'extrême NO du massif, tout près du Rhin, de ce fameux village de Saasbach.


Non loin, surplombant le Rhin, se trouve le petit massif du Limberg (massif volcanique tardif par rapport au Kaiserstuhl) sur laquelle se situait le Château du Limburg, maintenant à l'état de ruine.

Ruines du Limburg
Car ce château, déjà fort abîmé, fut réduit à l'état de ruine par des tirs d'artillerie française après la fin de la guerre, en 1945...

Chateau de Limburg
lithographie de 1849

Ce château également connu sous le nom de Limpurg ou Vieux Limburg est la ruine d'un bastion situé à 40m au dessus du Rhin, au pied d'un éperon (272m). Il était protégé au sud et à l'est par un profond fossé.
Il était entouré d'un mur d'enceinte massif atteignant parfois 2m d'épaisseur.
Ce château permettait de surveiller la traversée du Rhin, et était doté d'une tour ronde de 5m de diamètre.

L'existence de ce château est attestée depuis le XII° siècle et a été abandonné au XVII° siècle.

A noter d'autres traces historiques plus anciennes témoignant du rôle stratégique du Limberg : un peu plus haut se trouvent des ruines celtiques et romaines...

Dans ce château est né Rudolf I von Habsburg (1218-1291), Roi d'Allemagne et Duc d'Autriche et de Styrie,  qui joua un rôle essentiel dans l'essor de la dynastie des Habsbourg. 
Voir ici (en anglais).

Rudolf von Habsbourg
Notre randonnée tranquille et fort intéressante, nous a permis d'admirer une carrière où l'on trouve une variété de roches volcaniques propre à ce site, la "limburgite", basalte à feldspathoïdes de couleur brun rouge.

Limburgite

On trouve également du loess (dépôts éoliens carbonatés) dans ce petit massif, de ce loess qui recouvre 85% du Kaiserstuhl.

Levant les yeux, nous avons pu admirer le Rhin au coucher du soleil, dans une atmosphère de paix et de sérénité !

Le Rhin vu du Limburg
...A suivre pour d'autres découvertes dans ce beau massif si proche de l'Alsace!




jeudi 9 janvier 2014

Opéra : Falstaff de Verdi, un "opéra-bouffe" magnifique...


...et absolument unique et inhabituel dans l'oeuvre de Verdi, sur un livret d'Arrigo Boito!



Cet opéra, enregistré le 14/12/2013 au Metropolitan Opera à New York, et retransmis en différé le 5/1/2014 (au Kinepolis de Mulhouse) fut pour nous un moment de jubilation intense.

Tout était réuni pour faire de ce spectacle une totale réussite.

L' oeuvre de Verdi et de Boito, véritable comédie, est en effet d'une grande inventivité et d'une étonnante gaité.
Ce fut une surprise que d'assister à un "opéra-bouffe" de Verdi, style totalement inédit dans l'oeuvre du compositeur.
Donc, ici, pas de drame psychologique, de déchirement entre le devoir et l'amour, pas d'assassinats ni de trahisons profondes, pas de conflit intolérable entre la raison d'Etat et les sentiments personnels.

Dans Falstaff, on mange, on boit, on rit : la farce et le vaudeville sont omniprésents.


Les déceptions amoureuses sont vite consolées dans la boisson...
La joie de vivre et l'épicurisme refont surface même dans les situations les plus insolites...



Une mise en scène magique, de Robert Carsen, qui nous replonge pour certaines scènes dans l'Angleterre des années 50, alors que l'action est censée se déroulée à Windsor sous le règne d'Henry IV.



Et, dans l'Acte III, une inventivité onirique formidable dans la scène de nuit dans le parc de Windsor.


La direction musicale était à nouveau assurée par James Levine avec maestria.

L'interprétation d' Ambrogio Maestri (baryton) dans le rôle titre est époustouflante .

Ambrogio Maestri
Citons également les interprétations superbes des "joyeuses commères" : Jennifer Johnson Cano (dans le rôle de Meg Page), Angela Meade (Alice Ford), Stephanie Blythe ( Mrs Quickly).

Cet opéra ("comédie lyrique",  ou "opéra-bouffe") fut créé à la Scala de Milan en février 1893. 
Il s'agit d'une adaptation des "Joyeuses commères de Windsor"  et de "Henry IV" de Shakespeare.

Sa composition fut entourée d'un certain mystère.
Verdi en effet écrivit Falstaff uniquement pour son plaisir sans la moindre intention de le faire jouer...

Il était alors âgé de 80 ans, et convaincu qu'il s'agissait là de son oeuvre ultime.
Il s'affranchit des règles : airs, duos, ensembles se fondent dans un même mouvement musical endiablé.
Mais cependant, pour la seconde fois dans sa carrière (après Macbeth), Verdi, qui méprisait l'académisme, termine son opéra de la façon la plus académique, par une "fugue"!

Il y a dans cette oeuvre une rapidité d'expression, un scintillement, une vivacité tels qu'on n'en a jamais vus depuis Mozart.

Cet opéra, d'une légèreté aérienne, se termine dans un grand éclat de rire tout à fait digne de Shakespeare et n'est pas dénué d'une certaine "morale" :

"Tout au monde est plaisanterie. L'homme est né bouffon!"

Une soirée de plaisir lyrique intense!

Voir ici une déclaration d'amour...peu romantique... de Falstaff à Alice Ford (Angela Meade)!

Ecoutez ici (en anglais) Robert Carsen, le metteur en scène inspiré de ce magnifique Falstaff.

Voir également la note de JCMemo sur ce spectacle ici !