vendredi 3 février 2017

Photographie : Quand André de Dienes rencontre Marilyn Monroe



Nous avons pu admirer fin janvier, une magnifique exposition intitulée "I Wanna Be Loved By You" (jusqu'au  1° mai 2017) à Aix en Provence, dans le très bel Hotel de Caumont, consacrée à l'icône photographique Marilyn Monroe.

L'Hotel de Caumont
Aix-en-Provence
Le bandeau de l'Exposition
"I Wanna Be Loved By You".

Plusieurs photographes de renom ont contribué, par leurs clichés, à la construction du mythe "Marilyn Monroe".

Photo André de Dienes

On sait comment Norma Jeane Baker, née en 1926 à Los Angeles (Elle se fera appeler Marilyn Monroe en 1946) s'est prêtée au jeu de la célébrité, renvoyant à chaque paparazzi un sourire éclatant.

Elle débute sa carrière comme mannequin en 1945, fait ses premiers pas dans l'industrie cinématographique et pose pour de nombreuses publicités.

Ses photographies de 1946-1948 correspondent aux stéréotypes de l'image de la pin-up. 
Elle continuera de poser comme pin-up jusqu'en 1953.

Elle aime la liberté que lui offre l'appareil photo et les photographes le lui rendent bien!

Photo André de Dienes

Elle forge sa célébrité seule, sans l'aide des studios, en jouant de sa surexposition médiatique : sa plastique est exceptionnelle, et son travail intensif avec les photographes réputés d'Hollywood porte vite ses fruits.

Elle apparait en couverture de nombreux magazines, ce qui contribue à sa popularité comme à son érotisme.


Tout au long de sa carrière elle suscite régulièrement des séances de prises de vue avec les plus grands photographes de son époque, qu'ils soient reporters ou portraitistes : André de Dienes (1913-1985), Tom Kelley (1914-1984), Philippe Halsman (1906-1979), Eve Arnold (1912-2012), Cecil Beaton (1904-1980), Milton Greene (1922-1985),...

Photo André de Dienes

Elle établit des liens de complicité et une relation exclusive avec nombre d'entre eux, devenue l'unique objet de leur regard derrière l'objectif.

L'un d'entre eux, André de Dienes est un photographe de mode, de publicité et de nus, installé à Los Angeles depuis les années 1930.

André de Dienes

Lorsqu'il rencontre Norma Jeane en 1945, il est immédiatement séduit par la photogénie du mannequin débutant.

Photo André de Dienes

A la fin de l'été, il l'emmène dans un périple de plusieurs milliers de km à travers la Californie, l'Oregon, l'Arizona et le Nevada lors duquel il ne cesse de prendre clichés sur clichés de l'icône naissante.

Photo André de Dienes
Photo André de Dienes
Photo André de Dienes


Le retour à Los Angeles signe le début d'une amitié fidèle.
Ils restent parfois des mois sans se voir, et brusquement elle l'appelle pour qu'il fasse des clichés.


Photo André de Dienes
Photo André de Dienes
Photo André de Dienes

Il la retrouve en pleine gloire en 1953 et, une nuit de désespoir elle l'appelle pour qu'il fasse des photos d'elle dans une rue sombre de Beverly Hills.

Photo André de Dienes

En 1960 elle débarque chez lui une dernière fois : " Si tu as encore envie de faire des photos de moi, vas-y. Je suis disponible. Demain, ce soir, tout de suite, comme tu voudras."

Photo André de Dienes

Tous les clichés exposés ont contribué de manière fondamentale à la construction d'un mythe, tout en nous restituant les deux faces de l'icône : celle, solaire et lumineuse de la blonde, et celle, lunaire, d'une jeune femme perfectionniste et vulnérable.

Les causes de sa mort, en 1962, demeurent l'objet de vives spéculations...

mercredi 18 janvier 2017

Photographie : Stéphane Spach : sous-bois et natures mortes, ombres et lumière



C'est également à l'occasion de l'Exposition STILL-LEBEN à La Filature à Mulhouse (15 nov-18 déc 2016) que j'ai pu apprécier les photographies  de Stéphane Spach de sous-bois et de natures mortes. Voir ma dernière note ici.

Stéphane Spach

J'ai apprécié les photographies de sous-bois en clair-obscur  de Stéphane Spach.


Des clichés où la lumière et l'ombre se jouent l'une de l'autre : il y a du jour dans la nuit...


Stéphane Spach vit et travaille en Alsace. Voir ici.

A regarder les photographies de Stéphane Spach, nous entrons dans une nuit à laquelle nos yeux ne sont pas habitués, une nuit mate et sourde, préservée des halos lumineux et des phares hostiles.


Tout est en nuances, comme si les sous-bois irradiaient de leur propre lumière intérieure.


" Ce serait plutôt la clarté du jour distillée dans la nuit, des images subtiles, intimes, presque..." Ann Loubert.


Le champ de vision du photographe est tout en douceur et subtilité.


A notre oeil qui est plutôt habitué à la vision diurne, Stéphane Spach propose une vision étrange, subtile et pourtant familière.



Mais il y a aussi les natures mortes que le photographe a mises en scène de façon particulièrement sophistiquée, occasion pour lui de jouer sur la lumière, les niveaux de gris et l'obscurité....elles irradient d'une lumière étrange.




Dans ce travail à la fois précis et onirique, l'insolite a son mot à dire : il nous charme de manière indicible, et nous engage à regarder mieux et plus intérieurement le monde qui nous entoure, et à accepter que cet "ordre du jour" auquel nous sommes par trop habitués puisse s'absenter et nous donner accès à une autre vision de la réalité.


lundi 16 janvier 2017

Photographie : le clair-obscur de Brigitte Lustenberger


J'ai pu admirer en novembre 2016, à la Galerie de La Filature, à Mulhouse et dans le cadre de l'exposition collective STILL-LEBEN, des photographies de Brigitte Lustenberger.

Brigitte Lustenberger



J'ai tout de suite été saisi, touché par la qualité de ses clichés, en particulier par les natures mortes et les portraits, tous sur fond sombres, et où perce un certain mystère.


Brigitte Lustenberger a étudié à l'Université de Zurich et obtenu sa licence en histoire sociale et photographie en 1996.


Durant les années suivantes, elle s'est établie comme artiste visuelle.


Elle a ensuite déménagé à New-York et a reçu son MFA en Fine Art Photography & Related Media à Parsons The New School of Design en 2007.


Dans ses séries, l'artiste s'intéresse à l'étude du regard, aux interactions entre présence et absence dans l'image photographique, et au fait que l'observation d'une photo est la plupart du temps influencée par la mémoire collective.


Brigitte Lustenberger a exposé au niveau national et international dans des expositions personnelles et collectives.


Elle a exposé individuellement à New-York, à Lausanne, à Zurich, à Strasbourg, à Berne et à Bienne.

Son travail a été intégré à des expositions collectives à Berne, à Lucerne, à Cologne, à Milan et à Mulhouse.


Les photographies de Brigitte Lustenberger sont à la fois ancrées dans les pratiques artistiques contemporaines et en relation avec la peinture baroque.


La nature morte est aujourd'hui l'objet d'un regain d'intérêt et Brigitte Lustenberger revisite ce genre classique avec une touche personnelle qui ne laisse pas le spectateur indifférent : lumière naturelle, fond sombre, intérêt porté aux textures.


La profondeur de ses images nous invite à nous plonger dans une réflexion sur l'art et la vie.


Ses clichés suggèrent, plus qu'ils ne le montrent, une certaine vision de l'existence au moyen d'un subtil clair-obscur qui me rappelle Caravaggio...


J'ai apprécié et été touché par la qualité et l'originalité de son travail.

dimanche 15 janvier 2017

Flamenco à Mulhouse : Eduardo Guerrero : un talent d'exception!


Hier soir, toujours dans le cadre du Festival Vagamondes, à La Filature  (Scène Nationale) à Mulhouse, le spectacle de Flamenco était extraordinaire!


El callejòn de los pecados est la deuxième création du bailaor singulier (bailaor : danseur) Eduardo Guerrero, remarquée à la dernière Biennale d'art flamenco à Séville.


Natif de Cadix, ayant entrepris son parcours de danse dès l'âge de six ans, Eduardo Guerrero a peu à peu côtoyé  les figures majeures de la danse, du chant et de la guitare flamencos.


Initié par Carmen Guerrero, il se produit avec Maria-José Franco à l'âge de 20 ans à Flamenco en France, à Paris. Voir ici.


Très vite, il est appelé par Eva La Yerbabuena ou encore Rocio Molina pour intégrer leur troupe.

Il a ensuite engrangé les prix signalant son talent d'exception.


D'une plastique impressionnante, son corps décoche des dessins incroyablement anguleux, saccadés,  de ses membres tant supérieurs qu'inférieurs.


Sa Ruelle des péchés suggère une avancée dans la vie qui n'est pas que limpide...



Eduardo Guerrero : l'un des grands espoirs du renouveau d'un genre sans lequel le monde serait tellement plus terne!

Il évolue hors des courants convenus de la danse flamenco masculine d'aujourd'hui et frappe par sa verticalité à l'ancienne.
Il allie classicisme et audace, tout en mettant en valeur un côté baroque absolument étonnant.

Voir ici, Callejòn des los peccados, lors d'un Festival à Séville.


Sa première création, Las Minas, est un spectacle épuré autour des chants des mines et du Levant issus de la région de Carthagène.

Ce spectacle lui permet d'obtenir en 2013 le premier prix de danse Desplante du Festival international Las Minas, le plus ancien et l'un des plus prestigieux festivals de flamenco. (La "danse Desplante" implique un frappé très puissant).Voir ici.

Un talent d'exception qui a non seulement séduit mais enthousiasmé une salle comble, témoin la standing ovation et les rappels!


vendredi 13 janvier 2017

Au Festival des Cultures du Sud à Mulhouse : Strange Strings : magique!


Le Festival des Cultures du Sud, Vagamondes, se déroule du 10 au 21 janvier à La Filature (Scène Nationale) à Mulhouse.



 C'est un grand plaisir d'assister à quelques spectacles, qui sont toujours d'une très grande qualité.

Les spectateurs amateurs de musiques métisses ou métissées ne s'y trompent pas, et attendent cet évènement avec impatience.

La grande salle de La Filature était encore une fois bondée pour une soirée de musiques métissées exceptionnelle.

Deux groupes de deux musiciens étaient réunis pour la première fois sur la scène.

Tout d'abord Ballaké Sissoko (Kora) et Vincent Ségal (Violoncelle).

Depuis Chamber Music qui leur a valu une Victoire du Jazz en 2009, ils ne cessent de faire dialoguer leurs instruments à travers le monde.

Vincent Segal et Ballaké Sissoko

Le mariage de la kora malienne et du violoncelle a été salué par la critique musicale comme "l'une des des plus belles aventures nées du métissage entre l'Afrique et l'Occident".

Ecouter ici Ballaké Sissoko et Vincent Segal dans Chamber Music, et , à Arles en 2010.


C'est un peu le même genre d'aventure qui réunit le stambouliote Derya Türkan et le catalan Renaud Garcia-Fons.


Derya Türkan et Renaud Garcia-Fons

La kemençe du premier est un tout petit instrument classique turc à trois cordes, ici associé à la contrebasse à cinq cordes du second.

kemençe


Ecouter ici Derya Türkan et Renaud Garcia-Fons dans Silk Moon à Paris en 2014.

Réunir ces deux duos hors pair a constitué incontestablement une évènement musical de premier ordre pour ce concert qu'ils ont choisi d'appeler Strange Strings.

D'étranges cordes aux sonorités résolument enthousiasmantes et fraternelles!