vendredi 5 mai 2017

En Forêt Noire, randonnée autour de l'Eggenertal en fleurs


Nous avons randonné autour de l'Eggenertal en fleurs début avril.

Qu'il est beau, l'Eggenertal en avril, quand les cerisiers qui jalonnent ses pentes se couvrent de fleurs blanches, comme autant de flocons d'une neige de printemps!




Un enchantement, un émerveillement, les mots manquent pour décrire cette magnifique randonnée au milieu des cerisiers en fleurs...






L' Eggenertal est au sud-ouest du Pays de Bade, en Forêt-Noire : au sud du Markgräflerland, à 25km au nord de Lörrach, tout près de Schliengen.



En arrivant de Schliengen, par les routes L134 puis K6316, nous prenons à gauche à l'entrée de Niedereggenen et nous nous garons près de l'église.

C'est le point de départ d'une splendide randonnée de 5h, 350m de dénivelé et 14km, au milieu des cerisiers en fleurs, qui nous fera faire le tour de l'Eggenertal, en passant par Schallsingen et le Schloss Bürgeln, splendide château du XVIII°, qui vaut le détour.

Que voila un très agréable périple, à refaire certainement en juin, pour se laisser aller au plaisir de chaparder quelques cerises sur un arbre : chaparder ça n'est pas beau, nous l'avons appris à l'école, mais c'est si bon, et le larcin est pardonnable si on n'en abuse pas...


Ce joli parcours panoramique culmine à Steinenkreuzle à 434m d'altitude :


A mi parcours de ce circuit, et après une agréable petite grimpette, nous arrivons au Schloss Bürgeln, magnifique château du XVIII°. Voir ici (en allemand). 

C'est un édifice néo-classique au décor rococo dans un cadre pittoresque.
Jusqu'au dernier moment, le site reste tellement caché à la vue qu'il est impossible de l'apercevoir au préalable.

Ce château dispose d'un restaurant ; y sont organisés des séminaires et des concerts en saison.



Cette demeure fut construite vers 1762, sur les ruines d'un vieux prieuré,  par le prince abbé Meinrad TROGER qui, s'ennuyant ferme dans son opulente abbaye de St Blasien, trop enchâssée à son goût dans la haute vallée de l'Alb, souhaitait pouvoir admirer de beaux couchers de soleil.




L'endroit est remarquable, à flanc de montagne, dominant la plaine du Rhin à 700m d'altitude, et en plus totalement abrité de la bise du nord...le rêve.

Dès 1806 la propriété fut retirée aux princes abbés pour revenir au Grand Duc de Bade.
Un certain Napoléon Ier passa par là...

C'est maintenant une charmante demeure bien restaurée, d'où la vue est magnifique, sur les Trois Pays : l'Allemagne, la Suisse et l'Alsace.
On peut se promener dans le parc et sa roseraie, et profiter sur la terrasse d'une boisson et d'une petite restauration.



Nous retrouvons ensuite notre point de départ, à partir du col de St Johannis Breite, par un joli chemin (Panoramaweg) qui domine cette belle vallée de l' Eggenertal.

Encore un enchantement!


lundi 1 mai 2017

Promenade en Forêt-Noire : Hinterzarten et les Gorges de la Ravenna


Dimanche 30 avril, profitant d'une belle journée printanière, avant que la météo ne devienne à nouveau capricieuse, nous avons poursuivi notre exploration de la proche Forêt-Noire, toujours source de belles découvertes.

Hinterzarten, 76 km de Colmar
et 26 km à l'est de Freiburg


Hinterzarten est situé sur un vaste plateau, à une altitude moyenne de 850 m, à l'est de Freiburg et non loin de Titisee-Neustadt et de son joli lac.
C'est également une station de sports d'hiver connue pour accueillir des compétitions de saut à ski.

Hinterzarten
Titisee - le lac

Cette fois ci, nos pas nous ont menés, à partir d' Hinterzarten, vers les fameuses Gorges de la Ravenna (Ravennaschlucht) et le plateau de Breitnau, pour une belle petite promenade-randonnée de 3h, 210m de dénivelé et 6,5 km.

Ce délicieux circuit nous a tout d'abord fait suivre le charmant Löffeltal et son antique activité, restaurée et toujours poursuivie, de sciage de long, alimentée par la force hydraulique du torrent.

Sciage de long dans le Löffeltal






Nous débouchons ensuite, à notre surprise, après un parcours si bucolique, sur un Hôtel chargé d'Histoire, l'Hôtel Hofgut Sternen (Hôtel *** géré par Best Western, voir ici).

Marie-Antoinette y séjourna en mai 1770. 
Elle est alors en route vers Paris, et son destin, pour y épouser Louis XVI.
Elle n'y arrive pas seule : sa suite est composée de 21 carrosses, 36 charrettes, 450 chevaux...

Marie Antoinette arrive à l'Hôtel Sternen

D'autres hôtes illustres passèrent également par là : Goethe, Napoleon III,...

Derrière ce lieu si bien fréquenté, nous attaquons un sentier qui passe sous le viaduc du petit train Freiburg-Titisee, et commençons la remontée somptueuse des Gorges de la Ravenna (Ravennaschlucht).
Le nom Ravenna vient d'ailleurs du français ravine.

Le viaduc du petit train
Freiburg-Titisee

Quelle petite merveille que ces gorges : des eaux vives cascadent de bassins en bassins. 
Un vieux moulin y surplombe les eaux tumultueuses, et durant une quarantaine de minutes de grimpée, nous sommes dans l'émerveillement!

Gorges de la Ravenna




Après une halte, à la sortie des gorges, dans une petite auberge sans prétention, mais fort accueillante, la Gasthaus Ketterer, nous nous dirigeons vers le plateau de Breitnau, en suivant les indications que je n'hésite pas à qualifier de "rustiques" ...



... en lisière de belles et douces prairies...


... puis en traversant des bois, où des traces de neige sont encore présentes (fin avril!).


Nous rejoignons par la suite notre point de départ, Hinterzarten, par une descente tranquille, au bout de 3 heures d'une promenade - ne parlons pas de randonnée - fort agréable.

Encore un petit bijou de nature et de découverte!

vendredi 28 avril 2017

Opéra : Au Met, un Eugène Onéguine remarquable!


Samedi 22 avril, nous étions au Kinepolis, à Mulhouse, pour la retransmission en live, depuis le Met à New-York, d'un opéra que nous aimons particulièrement : Eugène Onéguine de Tchaïkovski (1840-1893, voir ici).

Piotr Ilitch Tchaïkovski
En effet, les différents airs d'Eugène Onéguine comptent parmi les plus appréciés de l'opéra russe.




Nous n'avons pas étés déçus, : belle mise en scène de Deborah Wagner, orchestre mené avec fougue et talent par le jeune chef Robin Ticciati, et remarquables interprètes!


Robin Ticciati

A commencer bien entendu par Anna Netrebko, magnifique interprète de Tatiana, tant dans le rôle de la jeune fille, dans le célébrissime air de la lettre de la jeune Tatiana à Onéguine, dans l'Acte I, que dans celui de la Princesse Grémine, dans l'Acte III.

Anna Netrebko dans le rôle de Tatiana jeune
Anna Netrebko dans le rôle de la Princesse Grémine

Voir ici "l'air de la lettre" (Enregistrement de 2013 au Met).

Une découverte pour nous : Peter Mattei, magnifique dans le rôle d'Eugène Onéguine, nous donne la vision d'un personnage honnête et trop bien élevé pour être cassant, mais froid et distant. 

Il subira, malheureux et désespéré les conséquences de son manque de chaleur et d'empathie envers Tatiana, à la fin de l'Acte III, mais il sera trop tard.

Peter Mattei dans le rôle d'Eugène Onéguine

Une autre découverte pour nous : Alexey Dolgov, remarquable dans son interprétation d'un Lenski tourmenté et passionné.

Alexey Dolgov dans le rôle de Lenski
Voir ici l'aria de Lenski qui, à l'instant de perdre la vie chante son désespoir et son extase amoureuse, un aria interprété par Alexey Dolgov avec une très grande sensibilité : quelle émotion!

Nous avons apprécié également la belle voix de basse de Stefan Kogan dans le rôle du Prince Grémine.

Stefan Kogan dans le rôle du Prince Gremine
A noter qu' Eugène Onéguine est dépourvu de duo d'amour, chose inconcevable pour un opéra!

Une passionnante soirée lyrique!

Voir ici l'excellent article de JCMemo!

vendredi 31 mars 2017

La Suède à Paris : L'Institut Suédois à l'Hotel de Marle



Nous promenant récemment à Paris dans le quartier historique du Marais, nous avons fait une halte à l' Hôtel de Marle, entre la rue Elzévir et la rue Payenne.

L'Hôtel de Marle est un magnifique Hôtel particulier récemment rénové, qui abrite l'Institut Suédois.



L'Institut Suédois, c'est à la fois le Centre Culturel Suédois et la Collection d'art de l'Institut Tessin.

C'est un havre de paix, loin de la foule qui arpente le Marais,  caché derrière une porte cochère bleue :


En 1560 a été construit le premier Hôtel, vendu en 1572 à un conseiller du Parlement de Paris.

De nombreuses modifications y furent apportées au cours des siècles, mais les travaux les plus importants furent exécutés vers 1779 (Escalier d'honneur, décorations de style Louis XVI,...)

Décorations en style Louis XVI

Puis, à partir de 1816, date à laquelle l'Hôtel de Marle fut vendu, une série d'affectations diverses et variées  contribuèrent à la dégradation progressive de ce bel Hôtel particulier : maison d'éducation, appartements, locaux commerciaux, ateliers divers, laboratoires,...
Les jardins étaient même recouverts d'un hangar et servaient de garage...

Le tout était en 1965 dans un grand état de délabrement.


Parmi les locataires illustres, on note : le peintre Léonor Fini, et l'écrivain André Pieyre de Mandiargues.



En 1965, l'Hôtel fut acheté par l'Etat Suédois avec mission d'en assurer la restauration afin d'y établir l'Institut Tessin, le Centre Culturel Suédois et d'y loger temporairement des étudiants et personnalités désirant participer à la vie culturelle parisienne.

Une restauration extrêmement importante a démarré en 1967, en liaison avec les Monuments Historiques : en particulier la charpente de Philibert Delorme a été refaite à l'identique et replacée, les façades, l'intérieur et les jardins ont étés entièrement réhabilités. Voir ici.

Cette réhabilitation faisait partie du grand projet de sauvetage du Marais initié par André Malraux.


Les travaux se terminèrent en 1970, et l'Institut Suédois s'est ouvert en 1971.

En 1993, d'importants travaux ont à nouveau étés entrepris dans la salle du rez de chaussée, et en 2003, le Café Suédois s'est installé côté cour.

L'Hôtel de Marle restauré




Voir ici pour l'historique détaillé de l'Hôtel de Marle.

Il est à noter que l'Institut Suédois à Paris est l'unique Centre Culturel que possède la Suède à l'étranger : voir ici.

De nouveaux travaux sont en cours et l'Institut Suédois rouvrira ses portes à l'automne 2017 : voir ici.

N'hésitez pas, dès l'automne 2017, à faire une halte culturelle et gastronomique dans un magnifique havre de paix en plein Marais!



vendredi 24 mars 2017

En Alsace : visite à Ensisheim, capitale de l'Autriche Antérieure


Ensisheim, dont nous avons fait la découverte dimanche dernier, est une commune située dans le département du Haut-Rhin, entre Mulhouse et Colmar, en Alsace.

Ensisheim au XVII° siècle
Ensisheim est située dans un bassin potassique (ici), et la potasse, utilisée comme engrais, y a été exploitée pendant 100 ans, jusqu'en 2002.


Il s'agit en fait de la sylvinite, qui provient de l'évaporation au fil des millénaires de saumures marines : voir ici.
Une partie du Musée d'Ensisheim est d'ailleurs consacrée à l'histoire de l'exploitation des mines de potasse.

Une autre particularité d'Ensisheim est la fameuse météorite.

Le 7 novembre 1492, au moment de la découverte de l'Amérique,  entre 11h et midi, on entendit, dit-on, un violent coup de tonnerre, suivi d'un bruit éclatant et prolongé ; immédiatement après, une météorite tomba près d'un berger, dans le faubourg sud d' Ensisheim.

Gravure montrant la chute de la météorite
D'un poids de 130 kg, elle s'enfonça d'un mètre dans le sol.
On la transporta au château, et l'Empereur Maximilien se déplaça tout exprès pour la voir.

Après un passage par Colmar, et des "prélèvements" divers (un morceau de 10kg est au Muséum du Jardin des Plantes à Paris), elle fut restituée à Ensisheim, ne pesant plus alors que ... 55 kg.


Mais ce qui avait motivé notre visite, c'est le fait qu' Ensisheim ait été la capitale de l' Autriche Antérieure (Vorderösterreich)

Dans la seconde moitié du XIII° siècle, Rodolphe de Habsbourg y fait construire un château.

Ensisheim fut dès 1256 le siège du Tribunal landgravial des Habsbourg et devint en 1303 la capitale de toutes les terres et possessions habsbourgeoises dans la région du Rhin Supérieur, ce qui constituait en fait un véritable puzzle sans frontières bien délimitées.

Monument dédié à Rodolphe de Habsbourg
réalisé en ...  1900

En 1431, l'Empereur Sigismond établit à Ensisheim le siège de la Régence d'Autriche et en fait la capitale de ses possessions en Autriche Antérieure ( Haute Alsace, Pays de Bade et Suisse du Nord).
Voir ici.

Palais de la Régence
construit entre 1535 et 1547

Les fonctions administratives et juridiques de la ville lui confèrent une prospérité qui culmine à la fin du XVI° siècle et au début du XVII° siècle : y résidaient alors plus de 200 familles nobles et de 1585 à 1634 y a fonctionné un atelier monétaire devenu, après Strasbourg, le plus important d'Alsace.

Thaler frappé à Ensisheim

L'Hotel de la Couronne construit en 1610
pour loger les officiers
de la Maison d'Autriche en poste à Ensisheim

Mais au moment de la Guerre de Trente ans (1618-1648), l'administration impériale évacue Ensisheim, qui sera saccagée à sept reprises.

En 1648, par le Traité de Westphalie, les possessions des Habsbourg sont cédées à la Couronne de France.

En 1658, Ensisheim devient le siège du Conseil Souverain d'Alsace et devient ainsi la capitale de la Province Française d'Alsace.

Mais peu de temps après, le Conseil Souverain s'installera à Colmar.

De 1814 à 1820, à la fin de l'Empire, Ensisheim sera occupée par les Cosaques et à nouveau les Autrichiens.

Ensisheim est actuellement un village actif et dynamique au niveau activités, culture et services : ici.

Le village accueille par ailleurs l'une des 6 Maisons Centrales Pénitentiaires de France, qui abrite  200 détenus condamnés à de longues peines ou à perpétuité : ici.


Maison Centrale d'Ensisheim