Il y a quelques jours, j'ai assisté, à la Maison de la Culture du Japon à Paris (MCJP), à une présentation et des démonstrations musicales de Gagaku : passionnant!
Je ne connaissais absolument pas cette tradition musicale et je souhaitais en savoir un peu plus.
Le Gagaku (littéralement « musique élégante ») est la forme la plus ancienne de musique classique japonaise, dont les origines remontent au VIIe–VIIIe siècle. C'est une musique de cour, liée à la famille impériale mais aussi aux rituels shinto et bouddhiques.
Mais tout d'abord, quels sont les instruments du Gagaku que nous avons découverts lors de notre soirée au MCJP :
Le shō, un orgue à bouche, à l'harmonie obsédante et complexe.
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| Le shō |
Le hichiriki, une flute à double anche, au son aigu.
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| Le hichiriki |
Le ryūteki, une flute traversière dont le son évoque le vent.
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| Le ryūteki |
Le biwa, un luth à quatre cordes.
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| Le biwa |
Le koto, une cithare avec ponts mobiles.
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| Le koto |
(Il n'y avait pas ce soir là d'instruments à percussion : taiko, shōko, san-no-tsuzumi).
Le Gagaku frappe par sa lenteur extrême, sa sonorité suspendue et sa temporalité hors du commun.
L'ensemble dégage une atmosphère cérémonielle, presque cosmique — très éloignée de toute virtuosité démonstrative.
Le Gagaku n'est pas une musique qui cherche le drame ou la virtuosité expressive, comme en Occident, mais une forme qui installe un état d'équilibre, de lenteur, de présence, et de lien avec les forces de la nature.
Son sens profond tient à l'idée que la musique doit refléter un ordre du monde : le musicien ne s'impose pas, il se met au service d'une forme de justesse, de retenue et d'harmonie universelle.
Cette esthétique se manifeste par des phrases longues, des tempos lents, des gestes codifiés et une impression de suspension du temps.
Ce qui est fascinant dans cette musique, c'est que le rapport à la nature n'y est pas seulement figuratif, il est structurel : c'est une musique née d'une vision du monde où les humains, les saisons, le vent, le ciel et les forces invisibles appartiennent à un même tissu de relations.
Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO depuis 2009, le Gagaku a influencé des compositeurs contemporains comme Tōru Takemitsu, et suscite un intérêt croissant en Occident, notamment en musique contemporaine et expérimentale.
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| Tōru Takemitsu (1930-1996) |
C'est en somme une musique-temps, conçue non pour divertir mais pour maintenir un lien entre le monde des hommes, des dieux et l'ordre cosmique.
Ecouter ici !
Et ici Rain Tree de Tōru Takemitsu.










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