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vendredi 3 décembre 2021

A La Turbie, le Trophée d'Auguste, pacificateur des Alpes

 

Le Trophée d'Auguste, à La Turbie, dans les Alpes Maritimes, célèbre la victoire définitive d'Auguste sur 44 tribus gauloises des Alpes, qui entravaient les multiples passages alpins et qui furent soumises entre 25 et 14 av. J-C.

Le monument a été élevé en 6 av. J-C

Auguste, né Caïus Octavius (Octave) en 63 av. J-C et mort en 14 apr. J-C était le neveu de César, et le premier Empereur romain ici.


L'Empereur Auguste

Plus qu'une attaque pour accaparer des marchandises, ces peuples imposaient alors à ceux qui empruntaient leurs cols un contrôle des relations commerciales et des mouvements militaires, inacceptables pour l'Empire romain.

Du Col de La Turbie, point le plus haut de la Voie Julia, le monument domine la mer, de San Remo à l'Esterel.

Ce Trophée n'avait aucune vocation militaire

Ce monument marque la frontière entre l'Italie et la Gaule et affirme la puissance et la protection de Rome.

La province militaire des Alpes Maritimes est créée en l'an 7 av. J-C et placée directement sous la dépendance de l'Empereur.

La Ville de Cemenelum (Cimiez), fondée en 13 av. J-C, en face de Nikaia (Nice), en devient la capitale.

Les Arènes de Cemenelum (Cimiez)



Les Thermes romains de Cemenelum

La soumission des tribus gauloises et celto-ligures a permis la continuation de la Via Aurelia (ici) par la construction de la Via Julia Augusta, une voie romaine qui relie la Gaule cisalpine à la Gaule transalpine.

Via Aurelia

Via Julia Augusta



La Via Julia  joue un rôle militaire et commercial important (Elle passe par Vence, Cemenelum, La Turbie et Vintimille).

Le Trophée d'Auguste était à l'origine de dimensions impressionnantes : de presque 50 m de hauteur, il était surmonté d'une statue d'Auguste.

Statue de l'Empereur Auguste
dite de "Prima Porta"

Reconstitution du Trophée d'Auguste

Traditionnellement, les trophées sont dédiés aux divinités de la Victoire.

Le Trophée d'Auguste s'inscrit dans le paysage d'un sanctuaire voué à l'Héraclès Monoïkos (Hercules Monoecus, d'où découle le nom de Monaco) : Auguste est ainsi assimilé à Héraclès-Hercule, demi-dieu promis à l'immortalité après la réalisation de ses douze travaux.

Pièce de collection de 10€ de Monaco
à l'effigie d'Hercules Monoecos

Laissé à l'abandon à la fin de l'Empire Romain, il subira de grandes destructions, servira de forteresse au Moyen-Âge, avant d'être miné en 1705, sur ordre de Louis XIV,  (encore lui!) pour servir de carrière.

Ses pierres servirent en particulier à la construction de l'Eglise Saint-Michel de La Turbie.

Eglise Saint-Michel de La Turbie

Eglise St-Michel et le Trophée des Alpes

En 1865, les vestiges sont classés au titre des Monuments Historique.


Dans les années 1930, il est restauré partiellement, grâce au mécénat d'Edward Tuck, un philanthrope américain, qui passe ses hivers à Monte-Carlo.

Edward Tuck

Les travaux sont dirigés par Jules Formigé.

Il est inauguré le 26 avril 1934.


Vous pouvez visiter le Trophée des Alpes : ici.


vendredi 25 mars 2022

Promenade à Bordighera, sur les pas de Claude Monet

 

Bordighera est une station balnéaire de la Riviera italienne, en Ligurie, située à 20 km de la frontière française, entre Vintimille et Sanremo.


Bordighera connut son heure de gloire à la fin du XIX° siècle.

Elle accueillit en effet des personnages illustres comme le peintre Claude Monet et l'architecte Charles Garnier, à qui l'on doit l'Opéra de Paris, et non loin de là, l'Observatoire de Nice.

Charles Garnier
(1825-1898)

La Villa que Garnier se fit construire
à Bordighera à partir de 1871
(désormais un hôtel tenu par une Congrégation)

Aujourd'hui, on apprécie Bordighera pour son charmant petit centre ancien perché sur une colline et sa belle promenade en bord de mer (sans voitures, mais bordée par la voie ferrée).

Montée vers le Vieux Bordighera



Cette région de Ligurie a été particulièrement prospère pendant la domination romaine, suite à la construction, au I° siècle avant J.C. de la Via Julia Augusta, dont nous avions, il a peu, vu les traces à La Turbie : ici.

Le village a subi de nombreuses incursions de pirates et finit de ce fait par être abandonné.



Au XVI° siècle, vu sa position stratégique, les Ducs de Savoie et la République de Gênes se battirent pour s'en assurer la possession.

Bordighera, devenue ville fortifiée, prit son indépendance de Vintimille en 1683.




Mais l'âge d'or de la ville sera le XIX° siècle, avec la construction de la Ville basse et l'arrivée des Anglais, en manque de soleil.




Des peintres sont venus par ici, à la recherche du soleil, certes, mais aussi à la découverte de nouveaux paysages pour leurs créations.

Claude Monet découvre Bordighera fin 1883 lors d'un voyage avec Auguste Renoir.

Claude Monet
(1840-1926)

Auguste Renoir
(1841-1919)

Tous les deux relient Marseille à Gênes, rendent visite à Cézanne à l'Estaque et font une halte à Bordighera.

Dès janvier 1884, Monet reprend seul la route du Sud ; il séjourne cette fois à Bordighera et à Menton.

Bordighera

Palmiers à Bordighera

Villas à Bordighera

Emerveillé par la nature et les paysages sauvages, Monet peint une quarantaine de toiles représentant les sites les plus pittoresques tels que les vallées de Sasso ou de la Nervia.

Dans le Jardin de la Villa Mariani

Les Jardins Moreno

Oliviers à Bordighera

Lors de son séjour à Bordighera, il se rend au village voisin de Dolceacqua. Voir ma note de septembre 2017 ici.

Tableau peint à Dolceacqua
depuis la rive droite
de la Nervia

A Bordighera les amateurs de nature et de randonnées auront le choix entre de nombreux sentiers, dont le "Sentier Monet".

"Ce que je ferai, ce sera l'impression de ce que j'aurai ressenti"

"Je n'ai fait que regarder ce que m'a montré l'univers".

Oliviers au Jardin Moreno


vendredi 7 juillet 2023

Montée au Château des Grimaldi, à Roquebrune-Cap-Martin

 

La visite du Château de Roquebrune-Cap-Martin se mérite : 225 m de montée sous un soleil quasi estival depuis la Gare, en juin dernier.


Roquebrune est située dans le Département des Alpes-Maritimes entre Monaco (à 2km) et Menton (à  6km).

Le vieux village
vu depuis le Château

Cette commune s'étage sur les trois corniches et l'autoroute A8, est couronnée par le donjon du Château Grimaldi et se love dans un remarquable cirque montagneux dominé par le Mont Agel (ici).

A noter: le magnifique sentier du tour du Cap Martin, à parcourir sans faute, entre la gare de Carnolès et celle de Roquebrune, en passant par le Cabanon de Le Corbusier.

Le sentier du tour du Cap-Martin

La fondation de Roquebrune remonte à 970 par le Comte de Vintimille Conrad Ier, pour renforcer la protection de sa frontière occidentale contre les Sarrasins, sur la seule route alors existante, construite sur les traces de la Via Julia Augusta.

La forteresse réunissait alors dans une même enceinte le Château et le village.

Ce Château est par la suite passé au pouvoir des Comtes de Provence, puis de la République de Gênes.

Ce Château est une forteresse sans faste : les Castellans nommés par la République de Gènes entre 1157 et 1355 y vivent comme des militaires.

En 1355, Roquebrune et Menton deviennent possession de la Famille Grimaldi, pour cinq siècles (Roquebrune n'a jamais fait partie du Comté de Nice historique).


Les Grimaldi remanient la construction et introduisent l'artillerie dans sa défense. 

Le donjon prend la dénomination de Château et le reste de la forteresse devient le village, qui a conservé intact son caractère médiéval.



En 1793, Roquebrune devient française, puis à nouveau monégasque en 1814, puis en 1848 devient ville libre sous la protection du Roi de Sardaigne.

En 1860, après un plébiscite, Roquebrune souhaite être rattachée à la France.

Ce n'est qu'en 1861 que ce rattachement devient officiel, après que Napoléon III ait payé à la Principauté de Monaco 4 millions de francs-or en échange de la cession à la France des villes de  Roquebrune et de Menton sur lesquelles Monaco détenait des droits.

Blason de Roquebrune
avec une réminiscence
du blason des Grimaldi

Le Château est habité jusqu'en 1800 et est alors vendu à cinq citoyens de Roquebrune ; il est inscrit aux Monuments Historiques.

La tour principale semble miraculeusement intacte
mais elle a été reconstruite au début du XX° siècle.

Le donjon, le plus vieux de France, est magnifiquement conservé, avec salle de réception, corps de garde, salle des archers, fortin, salle d'armes, salle commune, cuisine, chemin de ronde, terrasse, magasin aux vivres, plateforme d'artillerie.





Roquebrune et son vieux village dominé par le donjon est l'un des seuls spécimens existants en France des Châteaux dits "Carolingiens" : la visite est passionnante, d'autant plus que de la terrasse, on peut détailler à loisir un panorama exceptionnel que les guetteurs du Château ont soigneusement surveillé pendant mille ans.