Je suis revenu écouter La Traviata à l'Opéra Bastille il y a quelques jours.
Je dis "revenu" car en février 2024 j'y étais déjà, pour écouter Nadine Sierra, magistrale : Voir ma note ici
--> Je ne modifie en rien mes appréciations de la mise en scène, identique et tout aussi originale et pour certains, clivante, de Simon Stone, des interprétations de René Barbera (Alfredo), de Ludovic Tézier (Giorgio Germont), qui ont suscité de très chaleureux applaudissements tout au long du spectacle.
Avec cependant une remarque : la beauté du timbre de Barbera ne suffisent qu'imparfaitement à pallier un manque de rayonnement sur scène (l'amoureux transi est bien timide) et quant à Tézier, sa prestance musicale, sa ligne de chant et sa technique absolument parfaite lui permettent de jouer un rôle de père partagé dans ses sentiments et ses regrets tardifs (bien qu'un un peu empoté scéniquement).
Dans le rôle difficile et délicat de Violetta Valery, nous avons pu assister à la prestation en tous points éblouissante de maîtrise, de sensibilité et d'émotion de Pretty Yende, nouvelle star mondiale de l'opéra !
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| Pretty Yende |
Pretty Yende domine la représentation : la soprano déploie une voix impressionnante de puissance, soutenue par un timbre chaleureux et richement coloré.
Les aigus se projettent avec aisance et son incarnation scénique accompagne avec intensité l'évolution psychologique du personnage jusqu'au dénouement bouleversant.
Pretty Yende est une artiste lyrique sud africaine née en 1985 à Piet Retief, une ville de la Province du Transvaal (Voir ici et là) et l'une des voix les plus singulières de la scène lyrique actuelle.
Voir ici son site.
Que dire ? Son timbre est chaleureux, sombre et capiteux dans le médium, l'aigu brillant et aisé, le lyrisme riche en couleurs.
Les critiques évoquent régulièrement une « voix solaire » : la sonorité est généreuse, le timbre fleuri et rayonnant, la ligne de chant impeccablement homogène, avec des aigus émis d'un naturel désarmant.
D'autres parlent d'une voix d'une transparence lunaire, qui flotte avec une douceur surnaturelle.
Elle est réputée pour sa maîtrise du bel canto et des répertoires romantiques, avec des interprétations mémorables dans La Traviata, Le Comte Ory et L'Elisir d'Amore.
Son terrain d'élection demeure le bel canto bellinien et donizettien (Lucia di Lammermoor, I Puritani, La Sonnambula) ainsi que Rossini (Rosina du Barbiere).
Elle aborde aussi Mozart, Massenet (Manon), Dvořák (Rusalka) et Richard Strauss dans ses récitals.
En résumé, Pretty Yende incarne une synthèse rare entre lyrisme épanoui et virtuosité colorature, portée par une présence scénique et une générosité communicative qui en font l'une des personnalités les plus attachantes de l'opéra contemporain.
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| Marta Gardolińska |
L'orchestre de l'Opéra était très soigneusement et avec une grande justesse dirigé par Marta Gardolińska (Voir ici) ; on aurait peut-être aimé plus de drame et d'emportement, mais un accompagnement si délicat et attentif est déjà une bénédiction dans une œuvre trop souvent dirigée en pilote automatique.
En résumé, cette reprise divise sur la mise en scène, entre admirateurs de la pertinence contemporaine de Stone et sceptiques face à ses excès, mais fait l'unanimité sur la qualité musicale de la distribution (Yende / Tézier en particulier), et reconnaît à Gardolińska une direction attentive et soignée.
Ecoutez ici Pretty Yende dans "Addio del Passato".






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