jeudi 23 octobre 2014

jeudi 16 octobre 2014

Randonnée des moulins dans le Zweitälerland en Forêt-Noire


Le Zweitälerland, le Pays des Deux Vallées (Elztal et Simonswäldertal), est un endroit bien sympathique, en Forêt-Noire, au nord de Freiburg-im-Breisgau, autour de Waldkirch. (Voir ici, en allemand).


Waldkirch, ville de 20000 habitants,  est connue pour ses fabricants d'orgues mécaniques, pour la taille des pierres précieuses et par la célèbre entreprise de montagnes russes Mack rides Gmbh.

Voir ici le Festival 2014 des orgues de barbarie,  et l'extraordinaire Musée de la musique mécanique sous toutes ses formes, où l'on peut écouter des morceaux d'Opéras, tels que des extraits du Trouvère que j'y ai entendus il y a quelques années...une véritable curiosité qui vaut la visite...

Ces deux vallées se prêtent à des marches en basse altitude, dans une atmosphère paisible et reposante, randonnées qui peuvent présenter cependant quelques dénivelés.

Cette randonnée nous a bien changés de notre trek récent dans un Haut-Atlas rouge, aride et minéral, avec ses grimpées caillouteuses de 800m...

Vue sur Neuenberg

Nous apprécions tout particulièrement ces paysages vallonnés et champêtres de la Forêt-Noire, où les fermes et les animaux sont omniprésents dans des vallons et des recoins secrets parcourus de ruisseaux  et de torrents rafraîchissants.

Notre randonnée suivait une boucle, au départ du village de Simonswald, dans l'une des deux petites vallées pleines de charme, la Simonswäldertal (Voir ici, en allemand).

Cette très belle boucle, dénommée fort justement le Mühlen Rundwanderweg, le chemin de randonnée des moulins (céréales ou noix), nous a permis, en 9km, 170m de dénivelé et 3h30 de marche, de découvrir quatre beaux petits moulins restaurés, implantés au bord de torrents.

Il y a tout d'abord le Schwanen Mühle, petit moulin restauré en 1999, vu seulement de loin, près de la ferme Schwanen:

Schwanen Mühle
puis le Wehrle Mühle, qui est un beau petit moulin récemment restauré, et que nous avons pu visiter:

Wehrle Mühle



Puis ce fut le fameux Öl Mühle, bien connu dans le Zweitälerland, qui est le plus beau des moulins, géré depuis 1999 par une association de passionnés, et qui comporte deux parties, avec deux roues sur le même torrent : un moulin à céréales d'un côté et un moulin à huile de noix de l'autre.

Öl Mühle


Pour finir ce circuit, le Krone Mühle, près de Sagplatz à Simonswald :

Krone Mühle
Et comme le dit l'inscription sur cette croix vue sur notre route : "Beaucoup de chemins mènent à Dieu, et l'un d'entre eux passe par cette vallée"...


... ce fut pour nous un chemin de paix, de ressourcement et de découvertes de ce qu'a pu être la vie de ces vallées tranquilles dans des temps plus anciens.


dimanche 12 octobre 2014

Opéra : au Met, un Macbeth qui m'a laissé sur ma faim...


Hier soir, samedi 11 octobre, le Macbeth de Verdi, sa première adaptation de Shakespeare, retransmis en live depuis le Metropolitan Opera à New York, m'a laissé sur ma faim, d'autant plus que je connais particulièrement bien la pièce de Shakespeare.
Voir les détails de cet opéra ici.

Non pas tant du côté des performances vocales des interprètes que j'ai trouvé d'un très haut niveau, mais...

Anna Netrebko et Zeljko Lucic

Anna Netrebko, interprétait pour la première fois sur la scène du Met le rôle exigeant de Lady Macbeth avec la puissance et le dynamisme vocal et la subtilité que nous lui connaissons.

Anna Netrebko

Lady Macbeth est le cerveau des machinations criminelles qui se déroulent sous nos yeux, portée par un désir irrépressible de pouvoir.


Pour ce rôle, qui est l'un des plus saisissants que Verdi ait écrit, le compositeur ne souhaitait pas "une belle chanteuse dotée d'une belle voix", mais une interprète "laide et monstrueuse" dont la voix devait être "âpre, étouffée, sombre", qui corresponde profondément au "bruit et à la fureur shakespeariens".

Anna Netrebko, en blonde séduisante, en nuisette satin, à la bouche pulpeuse, malgré sa performance vocale époustouflante, ne correspondait pas au désir de Verdi...ni à ce que j'attendais d'une Lady Macbeth!


J'attendais une Lady Macbeth rugissante, perverse, hallucinée, et je suis resté sur ma faim!

Je reste sur le souvenir d'un Macbeth sombre et sanglant, auquel j'avais assisté en live sur la scène de La Filature à Mulhouse en mai 2010, avec Elisabete Matos, interprétant avec une voix immense, puissante, quasi wagnérienne, une Lady Macbeth assoiffée de pouvoir, rongée par le remords et la folie. Voir ma note ici.

Zeljko Lucic dans le rôle de Macbeth, avec sa voix puissante et chaude n'a pas incarné à mon sens un Macbeth hésitant, torturé par les doutes, et pris dans l'engrenage du crime et de la folie.

Zeljko dans le rôle de Macbeth


René Pape dans le rôle de Banquo et Joseph Calleja dans celui de Macduff nous ont offert de belles performances vocales.

René Pape en Banquo

Joseph Calleja en Macduff
Pour tout dire j'ai été profondément gêné par les choix d'Adrian Noble pour la mise en scène, et de Mark Thompson pour les décors et les costumes.

Un mix de costumes de la belle société du XIX°, de tenues vestimentaires 1930, de remake de scènes de la libération de la France par l'armée américaine, de décors pas assez sobres...



Que dire de la première scène, où j'attendais les trois sorcières, les soeurs fatales, et où j'ai trouvé une foule de figurantes prêtant plutôt à rire, et ne permettant en aucun cas d'entrevoir le côté maléfique, troublant, fantomatique qui donne le ton à toute l'oeuvre, chez Shakespeare et la marque du poids d'un destin cruel, inexorable et fatal.

Que dire de la scène de la "forêt de Birnam"qui doit concrétiser la réalisation de la prophétie : des militaires américains des années 40 brandissant des manches à balai....

En résumé, un manque d'intériorité, d'unité, et de perception des oeuvres de Verdi et de Shakespeare, malgré, encore une fois une performance vocale éblouissante d'Anna Netrebko, justement acclamée par des vivats amplement mérités...

Ecouter ici "vieni t'affretta" dans l'Acte I .

J'avais été autrement convaincu par Anna Netrebko dans Manon de Massenet, dans Anne Boleyn de Donizetti, dans Don Pasquale de Donizetti, tous opéras où elle avait donné sa pleine puissance d'actrice  et d'interprète lyrique, avec des mises en scènes "adaptées" aux oeuvres.

Voir ici l'excellent article de JCMemo, avec un point de vue différent sur cette version de Macbeth au Met.


vendredi 10 octobre 2014

Rencontres berbères dans le Haut-Atlas Marocain


Lors de notre randonnée dans le Haut-Atlas Marocain (voir ma dernière note), nous étions en pays berbère amazigh.

Nos rencontres furent fortes avec notre guide, plus réservées avec notre cuisinier et l'équipe de muletiers, bien que leur accueil, leur présence dans leur travail quotidien et leur attention aux autres nous aient profondément marqués.


Les berbères ( en berbère : Imazighen, et au singulier : Amazigh ) sont un ensemble d'ethnies autochtones d'Afrique du Nord qui occupaient il y a un certain temps, un vaste territoire qui allait de l'ouest du Nil à l'Océan Atlantique et qui incluait l'ensemble du Sahara.


Ils fondèrent de puissants royaumes formés de tribus confédérées.
Ils connurent ensuite la conquête romaine, la christianisation, l'invasion vandale, la conquête arabe et la conversion à l'Islam.

Les 3 langues berbères
au Maroc

On distingue plusieurs formes de langues berbères en Afrique du Nord : chaoui, chleuh (ou tachelhit), rifain (ou tarifit), chenoui, kabyle, mzabi, zenati, tamasheq, tamazight.

Trois principaux dialectes du berbère sont parlés au Maroc : 

* le tachelhit (ou chleuh), parlé par 8 millions de locuteurs
* le tamazight, parlé par 4 millions de personnes
* le rifain (ou tarifit) parlé par 3 millions de personnes

Au Maroc, on dénombre 15 millions de berbères, 8 millions en Algérie, 800 000 au Mali, etc, et ... 2 millions en France.

Les groupes berbères en Afrique du Nord


En 1982, une dizaine d'universitaires et de cadres berbères furent emprisonnés pendant un mois pour avoir écrit dans la revue qu'ils venaient de créer que le berbère était une langue au même titre que l'arabe...

Jeunes berbères se rendant au marché
en "4x4"...

Après la mort d'Hassan II, la question berbère repris des forces et en 2001 le Roi Mohamed VI annonça la création d'un Institut National pour les Etudes Berbères ayant pour but de préparer l'intégration de l'amazigh dans l'enseignement public marocain.

Timides, mais toujours la tchatche...
et la joie de vivre!


 Et désormais, le tamazight (le berbère) est devenu une langue à part entière qui a droit de cité dans les programmes publics et dans les émissions de télévision (Voir ici).

Ci dessous le drapeau berbère (Voir ici).


Exemple de texte en tamazight :


L'avenir berbère, les femmes et les enfants :




jeudi 9 octobre 2014

Randonnée dans le Haut-Atlas Marocain


Nous sommes partis le 21 septembre pour une randonnée itinérante dans le Haut-Atlas marocain, accompagnés par un guide, un cuisinier et une équipe muletière.


La zone où nous nous sommes aventurés est située au sud-est  de Marrakech et au nord de Ouarzazate.

Nous étions là en plein pays berbère amazigh


Arrivés à Demnate, depuis Marrakech, nous avons débuté notre trek à Izrifene.
Nous avons traversé ensuite les petites localité de El Had, Aït Mgharine, Issfoula, non loin de l'Oued Tessaout et ses eaux rouges, puis Timlouline, Imchkioun, Agourd, Aguensou, puis Tahbant avant le retour sur Marrakech.

Vers le Jbel Til

En tout 6 jours de marche, soit entre 4h et 6h30 par jour et entre 500m et 850m de dénivelé positif...et aussi pas mal de descentes.

Bergerie

Le tout sur des sentiers muletiers fort caillouteux, demandant une vigilance de tous les instants.
Des pauses fort heureusement au cours des montées et descentes, pour admirer les montagnes rouges et les paysages minéraux dans la région de l'Oued Tessaout.

L'oued Tessaout
Notre randonnée itinérante (bivouac sous tente) nous a permis d'atteindre le plateau du Jbel Til (1900m).



Puis nous franchissons  un col à 2348m avant de descendre vers le village d'Aït Mghrine (1872m) puis le village d'Aït Bouahi(1470m); ensuite remontée vers un col à 1800m sur le Jbel de Sidi Meskour.
Une montée vers l'Aït Hmid nous fait traverser plusieurs villages ocres sur fond de paysages rouges.



Nous atteignons enfin les pâturages des bergeries d'Anhki (2253m) avec une belle ambiance d'altitude quasi alpine.



Puis, en direction du lac Mchalt (2473m), passage d'un col pour finalement atteindre les vastes alpages du plateau d'Ibghil (2350m), site magnifique pour bivouaquer, quoiqu'un peu frais la nuit...






Montée vers un col à 2600m avant d'entamer une longue descente caillouteuse de plus de 800m vers Aguensou et retour vers Marrakech.

Dans cette région isolée, de culture, de langue et d'écriture berbères, les enfants, peu habitués aux randonneurs, s'enfuient et se cachent à notre approche ...



...et pourtant, la "civilisation" et les bruits du monde ont fini par y faire leur entrée...





jeudi 18 septembre 2014

Photographie : Kati Horna, une photographe hongroise témoin de la guerre civile espagnole



Le Musée du Jeu de Paume à Paris présente, jusqu'au 21 septembre (courrez-y!) en collaboration avec le Museo Amparo de Puebla (Mexique), la première rétrospective de la photographe hongroise Kati Horna (Budapest, 1912 / Mexico, 2000), retraçant 60 ans de production artistique.

Une femme photographe de plus passée à la postérité!

Kati Horna
photographiée par Robert Capa

Elle a fait partie de la génération des photographes hongrois contraints de quitter leur pays en raison de l'instabilité politique : André Kertész, Eva Besnyö (voir ma note ici ) , Brassaï, Làszlò Moholy-Nagy, Robert Capa et bien d'autres.

Le Musée du Jeu de Paume n'en finit plus de nous faire découvrir les grands photographes de la diaspora hongroise, pour notre plus grand bonheur...

Robert Capa
photographié par Kati Horna

En 1932, elle consolide sa formation de photographe à Paris et réalise en particulier "Reportage dans les cafés de Paris (1934).

Café parisien
Cosmopolite et avant-gardiste, Kati Horna est surtout connue pour son album sur la guerre civile espagnole, réalisé à la demande du gouvernement républicain espagnol, entre 1937 et 1939.

Montée à la Cathédrale
Barcelone 1938

Emma Goldman
(anarchiste et féministe) 1937
Andalousie 1937
Guerre civile espagnole


Evacuation de Teruel
décembre 1937
Guerre civile espagnole

Guerre civile espagnole

Le Mexique sera ensuite sa patrie définitive.

"J'ai fui la Hongrie, j'ai fui Berlin, j'ai fui Paris, j'ai tout laissé à Barcelone...quand Barcelone est tombé, j'ai de nouveau tout perdu.
Je suis arrivée dans un cinquième pays, au Mexique, avec mon Rolleiflex en bandoulière, je n'ai rien pu emporter d'autre..."

Elle s'y fera alors remarquer par des travaux proches du surréalisme.

Poupées de la peur

Paradis artificiels

Kati Horna à Mexico
Une découverte passionnante!