vendredi 22 mars 2019

Au Sultanat d'Oman : la Grande Mosquée du Sultan Qaboos, une merveille!



A peine débarqués à Mascate de l'avion d'Oman Air en provenance de Paris, notre petit groupe (8 personnes) s'est précipité, dès 8h, avant la chaleur, pour admirer la merveille extraordinaire qu'est la Grande Mosquée du Sultan Qaboos, située à l'ouest de Mascate, près de Bawshar.


Cette imposante mosquée (ouverte aux non musulmans le matin), dont les travaux ont débuté en 1994, a été inaugurée en 2001.

C'est un cadeau splendide et unique fait par le Sultan Qaboos à son peuple. Voir ici.

Le Sultan Qaboos, à la tête
du Sultanat d'Oman depuis 1970

C'est l'une des plus vastes et des plus belles du Golfe.

Elle a été réalisée par un architecte omanais et le Cabinet londonien Quad Design.


L'extérieur  a été conçu dans un style islamique minimaliste tout à fait contemporain, associant marbres blanc et brun-rouge.
Les pierres furent importées d'Inde et taillées à Mascate.

L'entrée principale est au sud et débouche sur un très beau jardin fleuri orné de bassins et de frangipaniers.




Entrées de la Mosquée


L'intérieur de la grande salle de prière, réservée aux hommes, peut abriter 20 000 fidèles.

La salle réservée aux femmes se situe plus loin et est plus petite.

Un minaret de 45 m se dresse à chaque angle de l'édifice.

Ces 4 minarets, faisant écho au minaret principal, rappellent les 5 piliers de l'Islam.

La richesse de la grande salle de prière est absolument stupéfiante, offrant un contraste saisissant avec la sobriété de la façade.



Créé par les Etablissements Swarovski, le lustre en cristal est haut de 14 m.



Le tapis étendu au sol est lui aussi exceptionnel : 4200 m2 !

Il a fallu 4 ans à 600 ouvrières iraniennes pour réaliser près de 2 milliards de noeuds qui le composent.

Les fils de laine et de coton sont teintés en 28 couleurs végétales, qui donnent à cette oeuvre d'art une douceur et des nuances dégradées fascinantes.

Ce tapis persan de 60 x 70 m
pèse 21 tonnes
A noter que les vitraux ont étés réalisés selon la technique traditionnelle (verres antiques, sertissage au plomb, etc,...) par une entreprise française, France Vitrail International. Voir ici.


Voir ici pour une visite à 360° de la salle principale de cette mosquée.

Tous les détails de ce bâtiment exceptionnel nécessiteraient des heures de contemplation, en particulier les mosaïques créées par des artistes de différents pays.




Sans oublier les ouvertures sculptées ...



... et les innombrables couloirs ou règnent le calme et la fraîcheur.



Cette grande Mosquée est surprenante car elle est à la fois discrète et imposante, grandiose.

Elle cache ses trésors intérieurs pour ses fidèles, mais s'ouvre aux visiteurs.

Elle allie des éléments architecturaux et décoratifs sunnites et chiites.

On retrouve certainement dans cette réalisation exceptionnelle l'essence de l'Islam ibadite du Sultanat d'Oman, et le sens de la conciliation et de l'ouverture du Sultan Qaboos, qui a su, en plus 40 ans de règne développer son pays de façon surprenante et l'ouvrir au monde tout en conservant ses traditions.

L'Islam ibadite, un Islam érudit et raffiné, est en effet propre au Sultanat d'Oman, et représente ce qu'on appelle "La Troisième Voie de l'Islam" (Voir ici et )

Ce premier contact avec le Sultanat d'Oman et avec Mascate, sa capitale, fut tout à fait impressionnant, mais nous n'étions pas au bout de nos découvertes et de nos surprises!...



samedi 2 mars 2019

Photographie : William Daniels à Paris, au Pavillon Carré de Baudoin



Le Pavillon Carré de Baudoin est un édifice du XVIII° siècle situé 121 Rue de Ménilmontant dans le XX° arrondissement, à Paris, qui a été converti en espace culturel ouvert au public en juin 2007.


Ce lieu est géré par la Ville de Paris et la Mairie du XX° et l'entrée y est gratuite.
Voir ici.

Cet élégant pavillon, construit en 1770 pour Nicolas Carré de Baudoin, dans un style monumental, évoque les célèbres villas de l'architecte italien Palladio (1508-1580).


C'est un témoin superbe des maisons de campagne - ou Folies - édifiées au XVIII° siècle pour le repos des aristocrates et bourgeois enrichis : voir par exemple la Folie-Régnault et la Folie-Méricourt, qui n'existent plus, sauf leur mémoire dans le nom des rues.

Cette Folie abrita, au XIX° siècle un pensionnat de jeunes filles, puis un orphelinat destiné aux enfants des victimes du choléra.

L'exposition que nous y avons admirée, d'oeuvres photographiques de William Daniels, était intitulée "Wilting Point": voir ici.

William Daniels
Photographe humaniste des
tragédies du monde

En botanique, le Wilting Point, ou "point de flétrissement" est le seuil au delà duquel une plante, par manque d'eau, ne pourra plus survivre.







Dans notre monde, il existe bien d'autres points de rupture qui maintiennent un lien fébrile entre vie et mort.



Cette exposition inédite (25 janvier au 11 avril 2019) vise à présenter les photographies de William Daniels, photographe documentaire soucieux des questions sociales et humaines.





Son regard est personnel, percutant et intimiste sur des territoires aux identités confuses, qui semblent voués à une instabilité chronique : Centrafrique, Lybie, Kirghizistan, ou la frontière Bangladesh-Myanmar,...



Dans la photographie de William Daniels, deux approches se font face : celle directe, incisive, narrative, du reportage documentaire, et celle, émotionnelle, qui exprime le sentiment personnel de l'auteur.

Une exposition magnifique, émouvante, troublante, qui nous saisit au plus profond de nous mêmes.


vendredi 1 mars 2019

Photographie : Jungjin Lee à la Galerie Camera Obscura à Paris



Mi février, nous nous sommes rendus à la Galerie Camera Obscura (268, Bld Raspail, 75014-Paris), magnifique galerie qui expose régulièrement des artistes photographes de grande qualité, et c'est toujours pour moi l'occasion de très belles découvertes!

La Galerie Camera Obscura

Je citerai par exemple Sarah Moon (ici), et Masao Yamamoto (ici).

Cette fois-ci, nous étions très heureux de découvrir le travail de l'artiste coréenne Jungjin Lee, qui vit et travaille actuellement à New York.


Jungjin Lee

Elle a réalisé plusieurs projets qui explorent le paysage et son histoire par le biais d'images monochromes, à la limite du non-figuratif,  qui dégagent une ambiance de sérénité.




Les tonalités de ses photographies sont tout à fait particulières, de par la qualité des prises de vue, mais aussi par la qualité du papier sur lequel les tirages sont effectués.





En fait, Jungjin Lee suit un processus complexe pour obtenir ce rendu qui ne peut que saisir et toucher le visiteur qui admire ses clichés.




Il s'agit en effet de tirages en chambre noire sur du papier fabriqué à la main qu'elle sensibilise elle-même avant de les numériser et de les retirer sur papier après des manipulations numériques.

Les expositions de son oeuvre ne se comptent plus, dans les lieux les plus prestigieux : Metropolitan Museum of Art (NY), National Gallery of Art (Washington), Whitney Museum of American Art (NY), LA County Museum of Art (Los Angeles), Museum of Fine Art (Santa Fe, New Mexico), Houston Museum of Art (Texas), Norton Museum of Art (Florida), également en France, Australie, Corée,...

Je ne peux que vous conseiller de vous rendre sur son site pour avoir une idée de l'ensemble de son travail, de ses expositions et de ses publications : ici.


vendredi 22 février 2019

Randonnée en Alsace aux Châteaux du Haut-Andlau et du Spesbourg



Des châteaux forts, toujours des châteaux forts en Alsace et en Forêt Noire!

Nos pas nous amènent encore à de nouveaux châteaux ; après celui du Frankenbourg (ici), du Schauenbourg (ici), du Hagueneck (ici), du Birkenfels (ici), du Fleckenstein (ici), ce sont ceux du Haut-Andlau et du Spesbourg.

C'était il y a huit jours, par une belle journée ensoleillée, au départ d'Andlau.

Andlau est une jolie petite ville du Bas-Rhin, en Alsace, située dans la vallée de l'Andlau, sur les contreforts des Vosges.

Andlau

La rivière Andlau, longue de 45 km, prend sa source dans les Vosges, près du "Champ du Feu"; elle coule d'Ouest en Est et se jette dans l'Ill.

Au XIX° siècle, elle mettait en mouvement près de soixante moulins et autres usines.

Ce village est déjà occupé à l'époque gallo-romaine et il se développe ensuite autour de l'Abbaye de moniales fondée en 880 par l'Impératrice Richarde de Souabe, fille du Comte d'Alsace Erchangar.

Sainte Richarde

Ce couvent avait pour fonction de mettre en sécurité les jeunes filles nobles à marier.

La magnifique Eglise abbatiale d'Andlau

Richarde épouse par la suite l'Empereur Charles III le Gros, petit-fils de Louis le Débonnaire.

Son mari la répudie sur une accusation, injustifiée, d'inconduite, et elle se retire dans son monastère.

Tombeau reliquaire du XIV° en grès peint, placé
dans le choeur de l'Eglise. Richarde touche
les reliques que l'évêque Liutward portait à
son cou, prétexte à l'accusation d'infidélité
de l'Impératrice.

Elle est canonisée en 1049 par le Pape alsacien Léon IX.

L'Abbaye d'Andlau a eu un rayonnement international au sein de la Chrétienté: voir ici.

Notre randonnée d'une dizaine de km, 340 m de dénivelé, et 3h30 de marche nous a mené tout d'abord au Col du Crax, puis au Rocher de Ste-Richarde (390 m).

Rocher de Ste-Richarde
Du rocher, nous avons une belle vue sur la vallée de l'Andlau, sur le bourg d'Andlau, sur un sommet proche, l'Ungersberg, sur le Château du Spesbourg et les contreforts du Champ du Feu.

Puis nos pas nous amènent dans un secteur admirable de rochers granitiques en forme de boules ou de dalles de pierres dressées couvertes de mousses, qui évoquent la nature sauvage du temps de Richarde...

Et voilà le Château du Haut-Andlau qui se dresse devant nous, relativement bien conservé, car c'est l'un des rares à avoir survécu à la guerre de Trente Ans.

Le Haut-Andlau


Il fut construit au XIII° siècle par Eberhardt d'Andlau, Chevalier du Saint Empire Romain Germanique, puis reconstruit en 1344.



Malgré l'occupation suédoise en 1633, il sort indemne de la guerre de Trente Ans.

Un panneau près du château nous indique qu'en 1695, le garde du Château tue à proximité un des derniers ours des Vosges...


Le Château fut le seul, parmi les châteaux vosgiens, à rester habitable jusqu'à la Révolution Française, mais il fut partiellement démoli après 1806.


Il est actuellement propriété de la famille d'Andlau et est en cours de restauration.

En 30 mn de marche, nous arrivons ensuite en vue du Château du Spesbourg, également très impressionnant.


Château du Spesbourg


Construit vers 1250 par le Baron Alexandre de Dicka de Stahleck, avoué de l'Abbaye d'Andlau, il passe aux Chevaliers d'Andlau en 1386, et après incendies et péripéties diverses, il devient la propriété de la ville d'Andlau.





Par de beaux sentiers forestiers, nous redescendons vers Andlau et longeons la rivière avant de retrouver l'Eglise Abbatiale de Richarde.

La rivière Andlau et l'Abbatiale au loin
Ce fut une très agréable randonnée, au travers d'une belle nature et de lieux chargés d'Histoire et d'histoires !