vendredi 18 août 2017

Flânerie dans Gênes, en Ligurie



 En juillet, nous nous sommes rendus en train aux Cinque Terre, en Ligurie, pour un séjour d'une petite semaine.


Nous ne pouvions pas ne pas faire une halte à Gênes, ville magnifique, chargée d'histoire et pleine de contrastes.

Voir ici l'histoire de la splendeur et de la gloire de "Genova la Superba" (La fière), souvent affrontée à la "Sérénissime République de Venise" pour la domination de la Méditerranée.


Il est vrai que l'arrivée à Gênes déconcerte, qu'on y arrive en voiture ou en train : on se trouve face à une très grande ville industrielle avec usines, entrepôts et docks mélangés aux barres d'immeubles des années 50.
L'agglomération de Gênes compte en effet 1 500 000 habitants.

Gênes est aussi une ville universitaire importante (La 4° d'Italie).

Construite en amphithéâtre, Gênes s'enroule autour de son port.
En effet, si Gênes a connu un aussi glorieux passé, c'est grâce au commerce maritime.


Son port, c'est son coeur, son poumon et son âme : il a fait la richesse et la gloire de la ville.


On y découvre, lorsqu'on s'y aventure, de magnifiques palais, témoins d'un passé exceptionnel et une vieille ville aux ruelles tortueuses et parfois sordides menant au port malheureusement défiguré par l'affreuse voie rapide surélevée - la Sopraelevata -  construite sur les quais et qui surplombe le port de part en part, et le coupe de la vieille ville.

L'affreuse Sopraelevata
Cette monstruosité urbanistique date des années 60...

Premier port d'Italie, Gênes est l'une des villes les plus étendues d'Europe ; l'autoroute la parcourt en effet sur 30 km.

Comme d'autres grandes villes portuaires européennes, Gênes s'efforce de reconquérir les anciens espaces maritimes du vieux port tout en développant les nouvelles activités liées au trafic de conteneurs.

En 1992, lors du 500° anniversaire de la découverte de l'Amérique par l'enfant du pays, Christophe Colomb, un plan directeur dessiné par l'architecte génois Renzo Piano a permis de réaménager le front de mer, avec salles de conférences, aquarium (exceptionnel!) - pour autant que la Sopraelevata le permette.


Christophe Colomb vers 1520
Un autre enfant du pays, Renzo Piano

L'Aquarium de Gênes, exceptionnel!

En 2004, Gênes était capitale européenne de la culture, ce qui a été l'occasion d'un toilettage important et nécessaire de la ville historique.

Enfin, en 2006, la Strada Nuova et les Palais Rolli, comprenant deux axes résidentiels  des XVI° et XVII° siècles étaient inscrits sur la liste des sites protégés par l'Unesco.

Sur la Strada Nuova

Le Palazzo Rosso

Les palais...


... y voisinent avec des ruelles glauques...


Aujourd'hui, Gênes fait preuve d'un véritable dynamisme.
Beaucoup a été fait, mais beaucoup reste encore à faire!

Gênes est  une ville secrète, et réservée, à l'image de ses habitants, ville qu'il faut prendre le temps de découvrir.

Il faut y flâner le nez en l'air et y découvrir - entre autres - les innombrables petits oratoires tous plus magnifiques les uns que les autres ...




... et savoir aussi faire une pause pour y déguster la focaccia ligure...


... accompagnée d'un expresso serré...

... un vero caffè italiano...
N'hésitez pas à vous arrêter à Gênes!



vendredi 11 août 2017

Retour chez les Walser, au pied du Mont Rose


Cet été, nous voulions profiter d'un passage dans le Piémont italien pour faire un bref séjour dans un village Walser situé au pied du Mont Rose (4634m) : le village d'Alagna Valsesia (1205m).

Alagna Valsesia
au nord du Piémont
La rue principale d'Alagna,
Walser Stross

Entrevue du Mont Rose enneigé (4634m)
depuis le hameau de Pedemonte (Commune d'Alagna)

Les Walser étaient un peuple paysan germanophone qui, au Moyen Âge, a colonisé de hautes vallées alpines, qui appartiendront plus tard à la Suisse, à l'Italie, au Liechtenstein, à l'Autriche et à la France.

Habitat Walser

Ces peuples avaient fait irruption dans le Haut Valais, d'où l'origine du nom (Walliser), en provenance vers le IX° siècle de terres souabes et bavaroises surpeuplées.

Les premiers déplacements des Walser au delà des frontières du Valais remontent au début du XIII° siècle.
Lorsque furent fondées les communautés dans le Val d'Aoste et dans la Valsesia et la région d'Alagna, les implantations se firent petit à petit, de façon presque inaperçue, car les nouveaux venus n'établirent pas tout de suite des liens avec la population locale : au début, ils se fournissaient toujours dans le Valais, et étaient ainsi autonomes, puis ils finirent par s'approvisionner au marché local.

On voit la région d'Alagna, au sud et le Haut Valais au nord
séparés par la frontière suisse

Il s'agissait alors de familles relativement favorisées par le sort, et solvables, qui se sont investies dans l'agriculture d'altitude et l'élevage.

Hameau de Pedemonte
(Commune d'Alagna Valsesia)

En quelques générations, les Walser ont essaimé, fondé de nombreuses petites colonies dans des contrées dépeuplées ; ces familles ont défriché les hautes vallées alpines, imposé leurs langues (des dialectes alémaniques : le walserdeutsch, le walsertitsch, le töitschu,...Voir ici), leurs techniques d'habitat, d'aménagement des sols, leurs techniques hydrauliques, leur artisanat du bois, du textile, ainsi que leurs moeurs religieuses de cultivateurs et d'éleveurs.

Leur devise : "L'air des Walser est un air de liberté!"


Depuis le XI° siècle, ce petit peuple valaisan allemand a fait preuve d'une force de travail et d'une expansion exceptionnelle aux quatre points cardinaux, toujours dans le cadre d'une agriculture de haute montagne, entre 1200 et 2000m d'altitude.

Ces migrations et leur installation en altitude a été favorisée par les seigneurs féodaux locaux qui souhaitaient peupler les hautes vallées inhabitées et ainsi contrôler les cols alpins.


Zone de peuplement des Walser



En contrepartie, les Walser ont obtenu des droits et des libertés importants.

Les Walser ont en particulier essaimé dans les hautes vallées des Grisons, en Suisse.

Il y a 6 ans, j'étais allé avec des amis randonneurs m'aventurer sur leurs traces en suivant une partie du magnifique sentier d'altitude du Walserweg dans les Grisons : voir ici.


Mon intérêt pour le peuple Walser n'a pas faibli au cours de ces années et l'occasion nous était donnée de visiter une de leurs implantations en Italie, à Alagna Valsesia, au nord du Piémont, au pied du Mont Rose, situé sur la frontière avec la Suisse.

Alagna Valsesia est un remarquable témoignage de la vie et de l'architecture traditionnelle des Walser, avec leurs maisons aux larges balcons fleuris au printemps et en été et au soubassement de pierre.


Les barres transversales des parois sont en mélèze.
Le toit à deux pentes est couvert de lourdes lauzes en pierres du pays.
Les gouttières sont creusées dans des demi troncs en mélèze.


Sur tout le pourtour de la maison, les galeries couvertes sont bordées de barres transversales caractéristiques servant au séchage du foin, du seigle et du chanvre. 

En outre c'est un lieu de vie sympathique pour les familles qui y vivent toujours, à l'abri des intempéries.


Ces galeries sont reliées par des escaliers extérieurs. 
Le tout donne l'impression de maisons fort agréables à vivre, tant aux beaux jours qu'en hiver.



Et, pour finir, un exemple du patois Walser "töitschu"  :
«Méin oalten atte ischt gsinh van in z'Überlann, un d'oaltun mamma ischt van Éischeme, ischt gsing héi van im Proa. Stévenin ischt gsinh dar pappa, la nonna ischt gsinh des Chamonal. [...] D'alpu ischt gsinh aschua van méin oalten pappa. Ich wiss nöit ol z'is heji... Ischt gsinh aschuan d'oaltu, un d'ketschu, gmachut a schian ketschu in z'Überlann. Méin pappa ischt gsinh la déscendance, dschéin pappa, aschuan méin oalten atte, ischt gsinh aschuan doa .. »
Traduit en français :
« Mon grand-père venait de Gaby, ma grand-mère d'Issime, du hameau Praz. Stévenin était le père, mémé provenait de la famille de Chémonal. [...] L'alpage [au vallon de Bourines] appartenait sans doute à mon grand-père. Je ne sais pas si c'était du côté de mon père. Elle appartenait aux vieux, ils avaient une très belle maison à Gaby. Victor, mon père, était de la descendance, son père, mon grand-père, venait de là-haut... »


vendredi 30 juin 2017

Silence radio estival ...



Silence radio sur ce blog pour cause d'activités estivales, en particulier italiennes,
en Ligurie, dans la magnifique région des Cinque Terre,
et dans le Piémont. 


Ligurie/Cinque Terre

Vernazza 

Riomaggiore
Corniglia

Nous partons randonner, mais nous n'oublierons pas pour autant de déguster le fameux Sciacchetra des Cinque Terre.


A bientôt et très bon été, pour les randonneurs...et tous les autres!


jeudi 29 juin 2017

Une journée à Bruges, la Venise du Nord


Visiter Bruges en une journée est quasiment impossible, et en tout cas un peu frustrant !

Mais même un bref séjour dans la Venise du Nord est un magnifique séjour hors du temps.

Bruges (Brugge) est une ville de Belgique située en région flamande, chef-lieu et plus grande ville de la province de Flandre-Occidentale.


J'aurais aimé pouvoir y flâner et m'y arrêter tôt le matin, avant l'arrivée des flots - des hordes - de touristes, mais je faisais partie de ces touristes étonnés, surpris, admiratifs, pris par l'ambiance brumeuse et humide d'une journée de juin particulièrement froide...






Mais le charme a opéré, à nouveau, car ce n'était pas ma première visite, lors d'une flânerie historique et gourmande.

La visite et l'histoire du Béguinage est particulièrement intéressante : voir ici.

Le Béguinage
Le paysage urbain brugeois abrite de nombreuses "Maisons-Dieu" (Godshuizen) chaulées, regroupées pour la plupart autour d'un agréable petit jardin clos. 

Ces logements sociaux avant la lettre furent construits au XIV° siècle par de riches bourgeois ou des confréries pour offrir un toit aux personnes âgées et aux veuves indigentes.

43 de ces Maisons-Dieu sont toujours habitées par des personnes âgées.

La Maison-Dieu De Vos (1713)

En 1134, un raz de marée a ouvert un bras de mer, le Zwin, donnant à la ville un accès direct à la mer, ce qui a entraîné un développement urbain spectaculaire entre le XII° et le XV° siècle.

De nombreux canaux y ont alors été creusés.






Au Moyen Âge, Bruges devient une plaque tournante portuaire importante, avec un rôle commercial et financier essentiel dans l'Europe de l'époque.

Au XV° siècle, Bruges est la première place financière d'Europe.

L'Hôtel de Ville
Le Beffroi de Bruges

Bruges est alors au centre des échanges entre la Mer du Nord et la Baltique d'une part et la Méditerranée d'autre part.

Une floraison culturelle et artistique extraordinaire s'ensuivit, et nous a laissé un patrimoine magnifique, à commencer par les oeuvres des peintres primitifs flamands.

Jan van Eyck.
Les époux Arnolfini
Arnolfini était un riche marchand toscan établi à Bruges

Mais le Zwin s'ensabla peu à peu aux XV° et XVI° siècles, éloignant la ville de son accès à la mer, ce qui provoqua le déclin irrémédiable de Bruges au profit de sa voisine Anvers (Antwerpen).

Bruges était redevenue une simple ville de province, et ce n'est qu'au XX° siècle que Bruges connut un nouveau développement suite à la création du vaste port de Bruges-Zeebruges.

Brugges-Zeebruges

Bruges est reliée à Zeebruges par le Canal Baudouin à grand gabarit, long de 12 km.

Au cours de notre visite, il était indispensable de faire une découverte-dégustation à la Brasserie historique Henri Maes...


... sans oublier les innombrables boutiques de chocolats, bien entendu! Dur, dur!