vendredi 15 janvier 2016

Photographie : Yusuf Sevinçli, l'explorateur


Le photographe Yusuf Sevinçli est turc et stambouliote.
Il est arrivé jeune à Istambul pour étudier et y vit depuis une quinzaine d'années, entouré par une communauté d'artistes, photographes pour la plupart, avec qui il partage sa passion pour l'image.

Voir ici.

Yusuf Sevinçli
La Filature, à Mulhouse, l'expose dans sa galerie, jusqu'au 28 février, sous le titre "Dérive".



Il glane ses clichés au hasard de la vie, des rencontres et de ses explorations.
Le photographe  ne s'attarde pas : il marche, il observe, il repart...


Il prélève des morceaux de réalité toujours différents, mais qui montrent en fin de compte une certaine similitude. 


Ces pièces de puzzle s'assemblent et traduisent la vision de la réalité de l'artiste, ses angoisses et son questionnement au quotidien.


"Je considère simplement la photographie comme un moyen de communication. Quand je dis cela, je ne me réfère pas seulement aux spectateurs de mon travail, mais aussi à moi, pour communiquer avec moi et avec le monde autour de moi...
...c'est mon commentaire sur la vie, mon commentaire sur comment je vois,...ma réponse à mon entourage, ma réponse à ce qui m'affecte..."


Par la qualité de son travail et sa réflexion à la fois profonde et naïve, Yusuf nous offre un véritable trésor photographique et aussi une grande leçon d'humilité.



 D'un noir et blanc très contrasté, au grain épais et à la surface souvent griffée, ses images fugaces de la vie quotidienne s'imprègnent d'une atmosphère intemporelle, semblent témoigner d'un monde rêvé et d'une époque incertaine, égarée, "à la dérive" : ses clichés sont en un sens "rescapés".



La photographie turque est encore jeune : elle est passionnante tant elle est libre, enthousiaste et spontanée.





Les clichés de Yusuf Sevinçli jouent d'une relative noirceur, mais elles ne sont ni sombres ni morbides et traduisent au contraire une certaine douceur et une sensualité certaine.






"Ce photographe est un fabricant de rêves en images.
Dans les derniers travaux, son errance visuelle s'est élargie à l'Europe où il voyage. 
De Naples à Paris, en passant par Marseille, il poursuit  sa quête d'un monde silencieux où seul le bruissement fugace de la vie le maintient en éveil." (La Filature)

Une heureuse découverte d'un photographe qui ne cherche pas à transmettre un message, mais seulement à capter et communiquer des visions ouvertes à la vie, à une culture encore vivace dans un pays en pleine mutation.

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Admiratif de tes connaissances en matière de photographie !
Ebloui par ces clichés "noir et blanc" du photographe turc dont je n'avais jamais entendu parler...
Merci et excellent week-end.
Amitiés
Jc