mercredi 18 avril 2018

Opéra : Luisa Miller de Verdi, en direct du Met


Samedi dernier, au Colisée de Colmar, nous allions à la découverte de Luisa Miller, de Verdi, opéra que nous ne connaissions pas.


Ce fut une très heureuse surprise!

Luisa Miller est un opéra en trois Actes, le quatorzième de Giuseppe Verdi, alors âgé de 36 ans, et présenté pour la première fois au Teatro San Carlo de Naples le 8 décembre 1849.

Giuseppe Verdi

Luisa Miller fut créé d'après Kabale und Liebe de Schiller.

Il s'agit là d'une oeuvre de transition et de rupture avec ses oeuvres de jeunesse, juste avant la trilogie de sa maturité : Rigoletto, La Traviata, Le Trouvère.

Dans Luisa Miller, le Comte de Walter s'oppose formellement à l'amour de son fils Rodolfo avec Luisa, car celle-ci n'appartient pas au même milieu social.

On y retrouvera la même thématique dans La Traviata, et c'est d'ailleurs ce qui se passait réellement dans la vie de Verdi...

Luisa, l'héroïne, est victime d'une société régie par les hommes.
Elle trouve appui chez son père.

Luisa et son père

Le duo du père et de la fille est fréquent chez Verdi et est ici magnifique.
Voir le duo entre Rigoletto et Gilda dans Rigoletto.

La mise en scène de Elijah Moshinsky est tout à fait classique, comme dans la dernière représentation de La Bohème.
Certes c'est un peu daté, mais cela n'est pas pour nous déplaire.

La direction musicale de Bertrand de Billy est splendide, vive, enlevée, maîtrisée.

Que dire des trois acteurs principaux ? Vraiment extraordinaires! Les seconds rôles sont également magnifiques.

Luisa, son père, et Rodolfo

Et tout d'abord Sonya Yoncheva dans le rôle titre de Luisa: magnifique!
Quelle énergie, quelle sensibilité, quelle force expressive!

Elle confère à son héroïne une dimension tragique dans la grande scène du deuxième Acte qui l'oppose à Wurm.

Wurm et Luisa

Tout récemment, elle nous aura étonnés, émus, surpris dans trois autres magnifiques opéras : La Traviata, le 13 mars 2017 (ici),  Tosca, le 30 janvier 2018 (ici) et  La Bohème, le 2 mars 2018 (ici).

Luisa et Rodolfo

Piotr Beczala nous a offert une interprétation extraordinaire de Rodolfo, toute en nuances, et en présence scénique : un charme irrésistible!
Il s'agit probablement là de son meilleur rôle verdien!

Rodolfo

Le 10 avril 2012, nous l'avions fort apprécié dans Manon de Massenet (ici), le 2 mars 2013, dans Rigoletto (ici), le 9 février 2014, dans Rusalka de Dvorjak (ici).

Et puis, il y avait la présence de l'infatigable "vétéran" Placido Domingo dans le rôle du père, Miller, très bien dans ce rôle qui lui allait comme un gant.

Il avait interprété Rodolfo il y a ... "un certain temps",...

Il ajoutait ainsi un cent quarante neuvième rôle à son vaste répertoire et s'en est tiré avec maestria, en dépit d'un démarrage précautionneux.

Miller
Sa voix atteint des sommets d'émotion au dernier Acte.

Ecoutez Sonya Yoncheva dans le premier aria "Lo vidi e'l primo palpito": ici.
Ecoutez Piotr Beczala dans"Quando le sere al placido": ici!
Voir ici le duo Walter/Wurm.
Ici, le duo Wurm/Miller!

Cette soirée fut pour nous la très heureuse découverte d'un opéra assez méconnu, en tout cas que nous ne connaissions pas!

Voir ici l'article enthousiasme de notre ami blogueur JCMEMO!


1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Un excellent article (comme d'habitude) sur cette somptueuse soirée...
Amitiés
JC et
Bon voyage !