mercredi 20 avril 2022

En Forêt-Noire : Gengenbach, un petit bijou joliment préservé

 

A l'entrée de la Forêt-Noire, proche d'Offenbourg et au niveau d'Obernai de l'autre côté du Rhin, voila Gengenbach, que nous avons découverte par une belle journée printanière.



C'est un petit bijou de cité médiévale,  au bord de la Kinzig, qui dévoile au visiteur un cadre joliment préservé et en plus, ce qui ne gâte rien, le centre de la ville est entièrement piéton.



Nous y avons découvert un art de vivre unique, dans un cadre véritablement enchanteur : maisons à colombages, pignons baroques, ruelles pavées, balcons fleuris, collines boisées plantées de vignes et ... nombreuses terrasses de cafés fort accueillants.

Le Chevalier tient en main
le parchemin des privilèges
de la Ville. 1582.

Ici, pas de passé prestigieux, ni de musée réputé, mais une ville en étoile à trois branches avec une tour à l'extrémité de chacune, vestiges des anciennes fortifications.

Le médiéval y côtoie avec bonheur le baroque dont la ville se para après les destructions de la Guerre de Trente ans (1618-1648).

Gengenbach est célèbre pour son Carnaval souabe-alémanique, sa vieille ville historique (Altstadt) et son calendrier de l'Avent, le plus grand du monde : aux 24 fenêtre de l'Hôtel de Ville du XVIII° apparaissent tour à tour des images au cours des 24 premiers jours de décembre : ici.

L'Hôtel de Ville

Lors du Carnaval

En 1360, Gengenbach devint Ville Libre d'Empire et en 1803 elle fut annexée au Grand Duché de Bade.

Le Grand Duché de Bade
Etat souverain de 1806 à 1871





Gengenbach est jumelée avec Obernai (Bas-Rhin) depuis 1958 et serait historiquement le premier jumelage entre deux villes en miroir de part et d'autre du Rhin.

Ici, pas de cathédrale, mais une belle église, Sankt Marien. Romane à l'origine, elle est dotée d'un choeur gothique et coiffée d'un élégant clocher baroque.






Egalement à ne pas manquer lors de vos déambulations : la mignonne ruelle Engelgasse bordée de petites maisons basses à colombages bien fleuries.





A noter que Gengenbach est modérément animée le we.

Encore une magnifique découverte au Pays de Bade !



mardi 19 avril 2022

Il y a 79 ans : l'insurrection du Ghetto de Varsovie

 

Le 19 Avril 1943, il y a 79 ans, jour pour jour, les derniers survivants juifs du Ghetto de Varsovie se soulèvent contre les troupes allemandes du SS Jürgen Stroop venues les arrêter pour les déporter et les exterminer : ici.

"Sortis de force de leur abri"
Photo extraite du rapport de Stroop à Himmler
de Mai 1943

Le Ghetto de Varsovie était situé en plein centre de Varsovie, coupé du reste de la ville par un mur et des barbelés dès novembre 1940.

Le Ghetto, en orange

Y survivaient  alors 360 000 personnes sur un espace de 300ha.

Entre Juillet et mi-Septembre 1942, les nazis en déportent 300 000 vers le camp de Treblinka.


Dans le Ghetto, les conditions de vie étaient inhumaines.

Une résistance clandestine s'est alors organisée, menée par des jeunes : en janvier 1943, ils avaient déjà repoussé les troupes de l'occupant nazi.

Lors de la Pâque Juive, le 19 Avril, les soldats du SS Jürgen Stroop (ici) pénètrent dans le Ghetto pour le liquider.

Le SS Jürgen Stroop
à gauche

C'est le signal de l'insurrection : un acte de dignité, sans espoir de victoire.

Les combattants choisissent de mourir debout, les armes à la main.


Femmes présentées par les Allemands
comme combattantes du Ghetto


Le premier jour, les Allemands, surpris par la résistance battent en retraite, avec 12 morts et des blessés.


L'insurrection
19 Avril-16 Mai 1943

Des Juifs rassemblés lors de l'insurrection
sont forcés de marcher vers le point de rassemblement
pour être déportés



Devant l'ampleur de la résistance, Jürgen Stroop décide d'incendier le ghetto, immeuble par immeuble et de gazer les souterrains.


La résistance est brisée, mais des personnes isolées continuent la lutte encore quelques semaines, et à la mi-mai 1943, il y a moins de vingt survivants.

Ruines du Ghetto en Mai 1943
après l'insurrection

Couverture du Rapport de Stroop à Himmler
de titre : 
"Il n'y a plus de Ghetto juif à Varsovie"


Stroop sera condamné à mort par un Tribunal Polonais en Septembre 1951 et executé le 6 Mars 1952 sur le lieu-même de ses crimes à Varsovie.

Cette insurrection est hautement symbolique : c'est la première révolte urbaine de l'Europe sous domination nazie.

Les insurgés se sont battus seuls, sans avoir reçu d'aide de la Résistance polonaise et oubliés des Alliés.

Voir ici un admirable documentaire : "L'énergie du désespoir".


samedi 9 avril 2022

A Valence, Espagne : un Jardin Botanique historique au coeur de la ville

 

Le Jardin Botanique de l'Université de Valence a été fondé en 1567, pour l'enseignement de la botanique.




Il a d'abord été un verger de plantes médicinales pendant plus de 200 ans, qui a plusieurs fois changé d'emplacement.





Au XVIII° siècle, avec l'arrivée des idées des Lumières, l'Université l'a définitivement installé dans le "jardin de la Tramoyeres", plus adapté aux études scientifiques.


Entre 1829 et 1863, ce fut l'époque de splendeur du Jardin, sous la direction du Professeur de Botanique Felix Pizcueta, puis le Jardin s'agrandit et les grandes serres furent construites, sous la direction de l'Architecte Arturo Melida : ici.

L'Umbraculo

Arturo Melida
1849-1902

Au XX° siècle, le Jardin a été laissé à l'abandon, jusqu'à ce que, en 1987, l'Université de Valence élabore un projet de restauration intégrale des collections botaniques et des bâtiments historiques.

La restauration fut terminée en 2000 avec l'inauguration du Centre de Recherche.

Entrée Principale
et Bâtiment de Recherche

Hall d'accueil

Les travaux y sont centrés sur l'étude et la diffusion de la biodiversité, la conservation des espèces endémiques ou menacées de la flore valencienne ( Banque de semences et herbiers).



Dans ce jardin magnifique se cultivent plus de 4500 espèces endémiques et originaires du monde entier.





On y trouve des arbres monumentaux dont l'âge atteint les 180 ans.

Il est possible d'y admirer des fougères, des orchidées, des palmiers, des plantes désertiques, aquatiques, carnivores,...

De plus, le Jardin Botanique s'attache à organiser des activités pédagogiques variées et en direction du grand public tout au long de l'année : voir ici.

A noter le rôle important joué par deux grands botanistes, dans le développement du Jardin de Valence :

Simon de Rojas Clemente, natif de Valence : ici.

Simon de Rojas Clemente
1777-1827

José Pardo Sastron, qui a légué à sa mort, sa bibliothèque et son herbier au Jardin Botanique : ici.

Jose Pardo Sastron
1822-1909

Ce beau Jardin Botanique, ouvert tous les jours, situé au centre ville (Carrer de Quart 80) est un lieu exceptionnel de repos et de calme pour les habitants et les touristes, en plein coeur d'une ville très  active: ici.