lundi 26 juillet 2010

Le mystère de la Tour Saint Jacques


Je passe à pied depuis des années devant la Tour Saint-Jacques, non loin du Châtelet, à Paris.
Et pas plus tard que cet après midi.


Je l'ai vue très longtemps sombre et grise, sans relief et comme une masse informe ne méritant pas un regard.

Puis je l'ai vue envoloppée d'un suaire blanc pendant les 9 années de sa restauration récente, comme une chrysalide.


Et puis comme cet après midi, je l'ai admirée resplendissante de lumière, comme jaillissant de l'écrin de verdure et de fleurs du magnifique jardin public qui en fait resplendir toute la beauté.

Ce jardin public fut d'ailleurs le premier square de la Ville de Paris, créé en 1856 par Haussmann, qui perçait la rue de Rivoli proche.

La Ville de Paris avait acheté la tour en 1836 (elle servait alors de fonderie de plombs de chasse....) et en avait décidé la restauration complète à partir de 1852, sous la direction du fameux architecte Baltard.

Ce clocher-tour de 52m de haut, fut construit entre 1509 et 1529, sous le Roi Louis XII.

Elle est de style gothique flamboyant, et le seul vestige de l'Eglise Saint-Jacques de la Boucherie, dédiée à Saint Jacques le Majeur, construite en 1060 et détruite en 1793.

Son nom vient de la proximité avec le puissant quartier des bouchers et de leur confrérie, qui finança la construction de la tour.

Près de la base de la tour étaient établis au XIV° siècle deux ateliers appartenant à Nicolas Flamel, peintre et libraire.

La légende l'a fait passer pour alchimiste à cause de son immense fortune...
Il avait sans nul doute découvert le secret de la Pierre Philosophale et pouvait donc transmuer le plomb en or.



Quoi qu'il en soit, il fut le plus populaire et plus célèbre bienfaiteur de cette Eglise!

On dit que la tour ne fut pas détruite à la Révolution, parce que Blaise Pascal y avait renouvelé ses expériences du Puy de Dôme sur la pesanteur.

Sa statue, installée à la base de la tour en témoigne.

A noter, pour la petite histoire, qu'à la fin du XIX° siècle se déroulait, au pied de la tour, l'"embauchage des ouvriers".

La tour est de plus considérée comme un point de départ du Chemin de Saint Jacques de Compostelle, d'où seraient partis, dit-on, "des millions de pélerins"...

Mais revenons à notre époque!

La dernière campagne de restauration de la Tour Saint Jacques a commencé en 2001 par la mise en place d'un échafaudage recouvert de toiles blanches permettant à la fois de protéger le public des chutes de pierres et de commencer les études.

Les travaux ont commencé début 2006 pour se terminer fin 2009, pour plus de 8 millions d'euros.

Le résultat est vraiment magnifique, mais une sorte de mystère, d'aura, continue à envelopper la Tour Saint Jacques...plus belle que jamais.


Elle témoigne, en plein coeur de la Ville Lumière, de son passé médiéval.

1 commentaire:

Francine a dit…

Très bel article - j'ai vécu durant 3 années à Paris (Du Côté de Montreuil); me suis bien sûr très souvent promenée dans la capitale mais n'ai jamais levé les yeux sur cette tour. C'était dans les années 90.

Plus terre à terre après le culturel, je fais les "fins" de soldes ...
Bel été à vous aussi