dimanche 19 mai 2013

A Paris : Eugène Boudin, le "roi des ciels" !



Une exposition passionnante consacrée à Eugène Boudin se tient en ce moment et jusqu'au 22 Juillet au Musée Jacquemart-André à Paris.

Cette exposition est la première rétrospective parisienne consacrée à Eugène Boudin depuis 1899, c'est tout dire l'importance de l'évènement!

Eugène Boudin
Eugène Boudin (Honfleur 1824 - Deauville 1898, voir ici) affectionne les rivages de sa Normandie natale encore plus que les autres.

Dans ses paysages, il accorde toujours une place prépondérante au ciel et aux variations atmosphériques.

Vaches à la pâture 18888

Il veut "arriver aux tendresses du nuage".

Ses marines suscitent l'enthousiasme de Corot et de Courbet.


Corot, justement, aurait dit : "Boudin, vous êtes le roi des ciels!"

Courbet renchérit : "Nom de Dieu, Boudin, vous êtes un séraphin, il n'y a que vous qui connaissiez le ciel!"

Marée basse à Etaples 1886

Le passage des nuées alimente sans discontinuer les rêveries du peintre, sur la côte normande, en Bretagne, aux Pays-Bas et à Venise :

"Nager en plein ciel. Arriver aux tendresses du nuage. Suspendre ces masses au fond, bien lointaines dans la brume grise, faire éclater l'azur.
Je sens tout cela venir, poindre dans mes intentions.
Quelle jouissance et quel tourment...
... Les Hollandais arriveraient-ils à cette poésie du nuage que je cherche? A ces tendresses du ciel qui vont jusqu'à l'admiration, jusqu'à l'adoration : ce n'est pas exagérer."

La plage à Tourgeville 18893

En 1920, Monet, alors âgé de quatre vingts ans dit tout, en très peu de mots :

"Je considère Eugène Boudin comme mon maître!"
et aussi :

"Boudin, avec une inépuisable bonté, entrepris mon éducation.
Mes yeux, à la longue, s'ouvrirent, et je compris la nature...
Ce fut tout à coup comme un voile qui se déchire : j'avais compris, j'avais saisi ce que pouvait être la peinture!"

Deauville Marée basse

Ses "beautés météorologiques" séduisent Baudelaire :

"A la fin , tous ces nuages aux formes fantastiques et lumineuses, ces ténèbres chaotiques, ces immensités vertes et roses, suspendues et ajoutées les unes aux autres, ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, roulé ou déchiré, ces horizons eu deuil ou ruisselants de métal fondu, toutes ces profondeurs, toutes ces splendeurs, me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse ou comme l'éloquence de l'opium."

J'ai été moi-même séduit et fasciné : magnifique,  une vision intérieure tendre et émouvante d'un monde qui ne cesse de changer sous notre regard!

Il faut dire, qu'en tant que photographe, je suis fasciné et séduit par les nuages et les ciels, alors...


...alors, courez, volez, laissez vous entrainer par la magie d'Eugène Boudin dans la magie de ses marines et de ses ciels!

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Voila, c'est donc la "reprise" : c'est bien.
J'étais, jusqu'alors, peu attiré par ce peintre que je connais mal.
Et depuis quelques semaines l'affiche (très colorée) de l'expo dans les couloirs du métro a retenu mon regard (je crois qu'il s'agit du Concert à Deauville ?).
Et maintenant ton article m'oblige à regarder Boudin d'un œil nouveau !
Amicalement