dimanche 16 juin 2013

A Rome, sur les pas de Goethe


Il y a quelques jours, nous étions encore à Rome, car la Ville Eternelle n'en finit pas de nous enchanter.

Elle nous a à nouveau séduits, nous promenant hors des sentiers battus, à la découverte de ses trésors cachés, de ses ruelles et de ses trattorie.

Nous promenant dans le magnifique parc de la Villa Borghese, après la visite du Musée Borghese (Nous y allions pour admirer encore et toujours les sculptures du Bernin : unique et splendide baroque!), nous sommes tombés nez à nez sur Goethe (1749-1832)!

Goethe

Johan Wolfgang Goethe, véritable génie universel,  y a en effet sa statue.

Donné à l'Italie en 1903 par l'Empereur Guillaume II, le monument a été sculpté par Gustav Eberlein (1847-1926) et est installé sur l'avenue dédiée à Goethe.

Goethe à la Villa Borghese
Viale Goethe

Goethe y surmonte un groupe de personnages sculptés d'après ceux de ses oeuvres.

On y voit en particulier Méphistophélès, la figure démoniaque et Faust.

Faust et Méphistophélès
sur le monument à Goethe


Pour la petite histoire, la tête de Méphistophélès a été volée en octobre 2010, récupérée par la police en bon état et réinstallée en janvier 2011. Cette tête avait déjà été volée puis récupérée en 1972...
Décidément, Méphistophélès continue à attiser les comportements démoniaques...

Plus sérieusement : Goethe arrive à Rome le 29 octobre 1786 par la Porta del Popolo et loge d'abord à l'Albergo dell'Orso, où Montaigne était jadis descendu lors de son voyage en Italie : beau début des aventures romaines de Goethe!

Aventures et découvertes, mais avant tout cheminement et bouleversements intérieurs de Goethe, qui en sera intimement et profondément touché!

Dans ses lettres, compte rendu de son voyage en Italie et à Rome, Goethe y décrit ses observations et ses sentiments avec la finesse, la justesse et la profondeur que nous lui connaissons.


Le 1° novembre 1786 :

"Me voila maintenant à Rome et tranquille, et, à ce qu'il semble, tranquillisé pour toute ma vie..."

Le 10 novembre 1786 :

"Si je rentre en moi-même, comme on le fait si volontiers en toute occasion, je me découvre un sentiment dont j'éprouve une joie infinie, et que j'oserais même exprimer.
A Rome, celui qui porte autour de lui un regard sérieux et qui a des yeux pour voir, doit devenir 'solide'; il doit se faire une idée de 'solidité', plus vivante en lui qu'elle ne le fut jamais.
L'esprit reçoit une empreinte vigoureuse ; il arrive à la gravité sans sécheresse, au calme et à la joie.
Pour moi, du moins, il me semble que je n'ai jamais apprécié aussi justement les choses de ce monde."

Le 25 janvier 1787 :

"Il me devient toujours plus difficile de rendre compte de mon séjour à Rome : on trouve la mer toujours plus profonde à mesure qu'on s'y avance, et c'est aussi ce que j'éprouve en observant cette ville."

Une lecture enrichissante, émouvante, bouleversante, que celle du "Voyage en Italie"!

Lors de nos pérégrinations dans Rome, nous avons tenu à visiter le cimetière des étrangers protestants, à proximité de la "Pyramide", monument funéraire de Caïus Cestius, près de la porte S. Paolo, au sud de Rome.
Le fils de Goethe, August (1789-1830), décédé à Rome, y est enterré.

Tombe du fils de Goethe, à Rome
Goethe quittera Rome le 21 février 1787 après un court séjour qui le bouleversa et l'enracina tout à la fois...
Il en fut ébloui intérieurement, tout comme nous le fûmes à sa suite!

Coucher de soleil sur
la Piazza Farnese

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Tout comme Goethe, on ne peut qu'être ébloui par Rome, inépuisable Rome..
Amitiés et bon séjour en Croatie !