mercredi 30 avril 2014

Le culte du dieu Mithra à Bourg-Saint-Andéol, en Ardèche



A Bourg-Saint-Andéol, en Ardèche, nous avons pu admirer une grande sculpture du dieu Mithra, creusée à même un rocher, dans le vallon de Tourne.
Elle date du III° siècle.


Emplacement du Bas relief de Mithra
dans le Vallon de Tourne


Bas relief du dieu Mithra

A l'époque romaine, ce bas relief constituait le fond du Temple du dieu Mithra, le Mithraeum.

Ce "Mithraeum" était situé entre les deux résurgences remarquables et mystérieuses  du vallon de Tourne que nous admirons encore actuellement : les "fontaines vauclusiennes" du Grand Goul et du Petit Goul.

Ces résurgences si particulières (ou plutôt "exurgences") sont appelées "vauclusiennes" en référence à celle de Fontaine de Vaucluse, source de la Sorgue, près d'Avignon, qui fut, dans l'Antiquité, un lieu d' offrandes rituelles. Voir ici .

Vraisemblablement les fondateurs de ce Mythraeum ont choisi cet emplacement unique en attribuant à ces deux sources un caractère sacré.

Ces "résurgences" très particulières provenant d'une galerie verticale se prêtent à des explorations de spéléologie sub aquatique.
Nous y avons d'ailleurs vu des plongeurs se préparer.

Goul du pont ou Grand Goul

Goul de la tannerie, ou Petit Goul

Les explorations ont mis au jour un labyrinthe de galeries descendant très profondément et dont on ne connait pas encore la fin. 
Le record de ces plongées périlleuses est actuellement de 209 m, par S. Redoutey et son équipe, en 2004.
Voir ici pour l'historique de ces explorations.

Descente de plongeurs dans le Grand Goul
(photo R. Huttler)
L'exploration humaine de l' exurgence de la Fontaine de Vaucluse a été poussée à son maximum en 1983 par Jochen Hasenmayer qui parvint à -205m (avec un mélange oxygène/hélium), puis un robot, le Spélénaute atteint en 1989 le point le plus bas du siphon à -308 m.

Mais revenons à Mithra  : on voit sur le bas relief le jeune dieu enfonçant le poignard dans le cou du taureau, selon une représentation classique.


Par ce sacrifice, il assure le salut du monde menacé par les forces du mal représentées ici par le serpent et le scorpion.
De l'animal jaillit une vie nouvelle illustrée par l'épi de blé qui sort de la queue du taureau.

Le soleil et la lune donnent une dimension cosmique au sacrifice.

Voir plus précisément les détails sur cette sculpture du Musée du Louvre : on y voit le dieu, habillé à la Perse,  arborant le bonnet phrygien, symbole de liberté.

Mithra sacrifiant le taureau primordial

Au II° et III° siècles, le culte de Mithra, d'origine indo-iranienne, réservé aux hommes, insistait sur des notions telles que la vérité, l'honneur, la fraternité, le courage et il exigeait de la discipline : c'est pourquoi il se répandit vite dans le monde romain, grâce aux soldats et aux commerçants.

Le mithraïsme était la religion la plus répandue en Europe avant le christianisme.

On trouve des restes de Mithraea le long des axes de passage des légions romaines : le long du Rhin en Allemagne (Voir ici ma note sur le Mithraeum de Riegel, dans le Kaiserstuhl) et du côté alsacien à Strasbourg et Biesheim.

Ici, à Bourg-Saint-Andéol, nous sommes près de l'axe du Rhône

En France on a trouvé également des sanctuaires dédiés à Mithra à Angers,  Septeuil, ainsi qu'à Nuits-St-Georges...

Voir ici la liste des Mithraea.

Le dieu Mithra naissant de la pierre
(Thermes de Dioclétien, Rome)



2 commentaires:

Jean Claude Mazaud a dit…

Encore un billet passionnant sur Mithra!
On ne peut être qu'en admiration devant tes multiples activités à la fois culturelles et sportives : BRAVO..
Je te souhaite une bonne journée !
Amitiés

Jean-Paul Scheidecker a dit…

Heureusement, les deux activités peuvent fort bien se combiner : randonnées et découvertes "culturelles"!
Bonne journée à toi aussi,
Amitiés