samedi 7 avril 2012

Hanokh Levin : "Comme elle est grande, la petitesse humaine"


Jeudi soir, à la Comédie de l'Est, à Colmar, en Alsace, une petite pièce de Hanokh Levin (1943-1999) nous est allé droit au coeur : "Menschel et Romanska".

Il s'agit là d'une production de la Comédie de Caen, mise en scène par Olivier Balazuc et interprétée de façon fine et très juste par Daniel Kenigsberg, magnifique conteur.

Menschel et Romanska, pièce tirée d'une nouvelle de Hanokh Levin, figure majeure du théatre israélien contemporain, qui nous a laissé entre autres une cinquantaine de pièces de théâtre, est un petit bijou qui nous fait rire, et nous trouble, en ce qu'elle nous tend un miroir, où nous retrouvons des bribes de notre propre existence.


Hanokh Levin

Voir ici la biographie de Hanokh Levin.


Les personnages de Levin, tels Menschel et Romanska suent sang et eau pour tenter d'exister, de vivre, tout simplement.


L'auteur  raconte leur combat, qui semble perdu d'avance.
Chacun de nos deux personnages est plongé, englué, dans une médiocrité qui semble sans espoir : Menschel, le "petit homme" tente de dépenser le moins possible, tandis que Romanska, laide à faire fuir les conquêtes, s'essaye à soutirer le plus d'argent possible de son compagnon du moment, lors d'une soirée tragique et cruelle.


Ils dépensent leur énergie vitale en de vaines mesquineries, car, comme le dit Hanokh Levin : "Il est là, le terrible paradoxe : qu'elle est grande, la petitesse humaine!".


Le metteur en scène et l'acteur ont choisi la forme objective de la conférence, de la pseudo démonstration scientifique, qui s'efface très rapidement derrière la richesse et l'humour incroyable de l'écriture et du récit : un récit tragique, émouvant, truculent, tendre, témoin de la maladresse, de la bassesse et de la faiblesse de Menschel et de Romanska.


Un texte tragique et tendre qui témoigne du désir de s'en sortir, malgré tout, en retrouvant si nécessaire l'âge de l'enfance, du commencement, où tous les hommes se ressemblent, tous pleins d'attentes et de sourires confiants.


Menschel

Voir Olivier Balazuc et Daniel Kenigsberg  ici !

2 commentaires:

JCMEMO a dit…

j'ai trouvé trés belle la phrase "Il est là le terrible paradoxe : comme elle..." de ce dramaturge israélien que je ne connaissais pas..
Je pense que ce spectacle m'aurait plus..
Amicalement.
(Excellente soirée, pour moi, hier avec la retransmission de Manon du Met)

le promeneur du 68 a dit…

J'ai également bien apprécié Manon! La prestation d'Anna Netrebko était époustouflante ; j'ai bien aimé Des Grieux...
Bien amicalement