vendredi 5 janvier 2018

Visite à Ronda, andalouse et berbère


En avril dernier, lors de notre périple dans le sud de l'Espagne, nous nous sommes attardés avec grand plaisir à Ronda.


Ronda est une magnifique ville de la province de Malaga, installée au sommet d'une montagne (739m), en Andalousie.


Elle surplombe El Tajo, une gorge profonde qui sépare la nouvelle ville (XV° siècle) de la vieille ville datant de l'occupation mauresque.

Au fond des gorges d'El Tajo
Le pont de pierre qui enjambe la gorge, Puente Nuevo, offre une perspective saisissante sur les environs.

Le Puente Nuevo
 L'histoire de Ronda est assez exceptionnelle, et la ville garde des traces passionnantes du passage, au cours des siècles, de tous les envahisseurs, et de leurs cultures.

Au II° siècle avant J.C., les romains envahissent la péninsule ibérique et en chassent les Carthaginois.

Témoin de cette occupation, le Pont Romain :

Le Pont Romain de Ronda
A partir de l'an 711, la ville passe sous domination arabe, suite à la victoire de Tariq ibn Ziyad sur les wisigoths.

Tariq ibn Ziyad

Après l'effondrement du califat, le territoire d'El-Andalus se divise en royaumes indépendants, les "taïfas".

C'est ainsi que le chef berbère Abou Nour, militaire gradé dans l'armée califale, crée le Royaume (Taïfa) de Ronda des Banou Ifren, à Ronda.

Abou Nour descend de la puissante dynastie berbère des Banou Ifren, fondateurs au VIII° siècle au Maghreb d'un royaume dont la capitale était Tlemcen : voir ici.

Royaume des Banou Ifren

Il sera Seigneur de Ronda de 1023 à 1054 et y construira plusieurs édifices importants et renforcera les murailles de défense de la ville.

Murailles de Ronda


C'est à partir de cette époque que la ville de Ronda prendra sa configuration actuelle.

On peut toujours y admirer de magnifiques jardins et des restes de bains publics datant des périodes maure et berbère.







Au XIII° siècle Ferdinand III entrepris la reconquête du sud de la péninsule, à partir de Séville, mais Ronda appartenait alors au Royaume Nasride de Grenade.

Et ce n'est qu'en 1485 que Ronda fut prise par les Rois Catholiques Isabelle I° de Castille et Ferdinand II d'Aragon, qui dépecèrent ces terres et les distribuèrent à leurs chevaliers avec des conséquences économiques désastreuses.  

Isabelle I° de Castille et Ferdinand II d'Aragon
Après une sombre période d'intolérance religieuse où juifs et musulmans durent quitter la région, et où le Tribunal de l'Inquisition fut mis en place, la prospérité ne revint à Ronda qu'au milieu du XVIII° siècle : c'est alors que furent construits le Puente Nuevo et les arènes, emblèmes de la ville.


Les Arènes de Ronda


On y voit aussi des traces de passages plus récents, tels celui de l'écrivain français, le Marquis de Custine (1831) :


"Je me verrait (sic) toute ma vie Ronda, son pont jeté entre le ciel et l'enfer,
ses eaux engouffrées, ses monts de bistre et d'ocre,
ses hommes brûlés comme ses pierres;
ce souvenir fantastique sera le songe de mes veilles."

ou celui du botaniste suisse Edmond Boissier (1837) :



1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Un article parfaitement documenté et illustré !
J'ai eu le bonheur d'y séjourner quelques jours...en 2005 ; je viens de jeter un oeil sur les photos prises : pas terribles !
Excellente nouvelle année pour toi et tes proches.
Amitiés de Jean Claude.