dimanche 22 novembre 2015

Opéra : Lulu d'Alban Berg au Met



La vie continue, malgré la folie meurtrière de certains : la musique, l'opéra...

Hier soir, au Kinepolis de Mulhouse, ce fut un opéra sortant de l'ordinaire, retransmis en live depuis le Met à New-York : Lulu d'Alban Berg (Voir ici).

Alban Berg

Cet opéra en un prologue et trois actes en allemand, sous titré français (Durée 4h16) avait de quoi nous surprendre, nous "déranger" dans nos repères musicaux!

Tout d'abord, c'est un opéra dodécaphonique qui se base sur une musique atonale .

Dodécaphonisme et atonalité ont été introduits par Arnold Schoenberg et ses élèves Anton Webern et Alban Berg vers 1926.
Voir ici pour le dodécaphonisme et voir ici pour la musique atonale : j'avoue que je suis totalement dépassé par ces concepts...

Lulu

Cet opéra a été créé sur un livret du compositeur, inspiré de Die Büchse der Pandora (La Boite de Pandore 1902) et de Erdgeist (L'Esprit de la Terre 1895) de Frank Wedekind, composé entre 1929 et la mort de Berg en 1935.

Cet opéra est resté inachevé et fut donné en l'état en 1937 à Zurich.
Il fut achevé en 1979 par Friedrich Cehra et donné à Paris sous la direction de Pierre Boulez dans une mise en scène de Patrick Chéreau.

Lulu décrit l'ascension sociale d'une femme jusqu'au meurtre de celui qu'elle dit avoir le plus aimé, puis sa chute, pour devenir finalement prostituée et mourir.

La surprise est venue également de la mise en scène formidable de William Kentridge, qui avait déjà réalisé la mise en scène du "Nez" de Chostakovitch au Met en 2011.

Des projections vidéo particulièrement originales de William Kentridge, venant se superposer aux décors de Sabine Theunissen, accompagnent les différentes scènes de Lulu, enlevées avec un dynamisme stupéfiant par la grâce des interprètes et de l'orchestre du Met, sous la direction de Lothar Koenigs.

Marlis Petersen dans le rôle titre est absolument extraordinaire : elle joue ce rôle depuis 18ans et ce fut ce soir là sa dernière interprétation de Lulu.

Marlis Petersen

En résumé, ce fut pour nous une heureuse découverte, celle d'une mise en scène novatrice, particulièrement bien adaptée à l'intrigue, d'interprètes formidables (Je ne peux tous les citer) et par dessus tout d'une musique, nouvelle pour nous, mais que je n'écouterais certes pas assis dans un fauteuil chez moi... 
Mais il y avait là un ensemble, une unité tout à fait intéressants!

Nous craignions de ne pouvoir résister au delà du 1° acte, et bien non, nous sommes restés jusqu'au bout avec un certain bonheur, même si nous étions loin, très loin de Verdi, de Puccini, de Donizetti, de Wagner, de Tchaikovsky,...


Voir et écouter ici le trailer de Lulu.

1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Un compte rendu intéressant pour moi qui n'ai pas assisté à cette retransmission : à la lecture de ton billet, J'imagine que j'aurais eu probablement une réaction assez semblable à la tienne.
A bientôt
Amitiés
JC