lundi 5 janvier 2015

Opéra : Les Maîtres Chanteurs de Nüremberg au Met



Hier soir, longue, très longue soirée (6 heures au total pour plus de 4h30 de spectacle et 3 actes !) au cinéma Kinépolis de Mulhouse pour la retransmission en différé du plus long opéra de Wagner : Die Meistersinger von Nürnberg, les Maîtres Chanteurs de Nüremberg. 
Voir ici pour des détails sur l'oeuvre.


C'est le septième des dix opéras de la maturité de Richard Wagner.
Le livret est de Wagner lui-même.
Le dédicataire en fut Louis II de Bavière.
Il fut créé le 21 juin 1868 à Munich.

C'est le seul opéra de Wagner à être une comédie, un opéra-bouffe, mais où l'art est glorifié dans les termes les plus hauts et les plus purs.

C'est le seul également à s'inscrire dans un contexte géographique et historique précis, plutôt que dans un cadre mythique et légendaire.

Le thème en est l'allégorie musicale de la lutte entre les esprits conservateurs et les progressistes.

Qui ne connait le vorspiel, le prélude, célèbre par son caractère joyeux, débordant de vie...et un peu pompeux...mais qui résume toute l'action.
Ecouter ici, au cas où...cette ouverture par les choeurs et l'orchestre de la radio bavaroise.

Un orchestre exceptionnel, au Met, toujours sous la direction de James Levine : une très belle performance!

Une mise en scène d' Otto Schenk inventive, vive, dynamique, joyeuse,  dans de beaux décors fort bien reconstitués et évocateurs d'un Nuremberg du XVI° siècle.

Que dire des principaux interprêtes?

Tout d'abord, le rôle principal en est sans nul doute celui du cordonnier Hans Sachs , personnage qui fut historiquement l'un des Maîtres Chanteurs les plus célèbres de l'histoire du chant allemand .

Hans Sachs


Hans Sachs est le héros résigné dans lequel Wagner s'est dépeint : il obtient la paix du coeur dans le renoncement.

L'interprétation, je dirais l'incarnation, de Hans Sachs par Johan Reuter (baryton danois né en 1969) a été absolument prodigieuse de bout en bout et a dominé haut la main toute la représentation, dans des scènes comiques, émouvantes, profondes!

Johan Reuter
Les interprétations des deux "héros", Eva (Annette Dasch, charmante soprano allemande) et Walther von Stolzing (Johan Botha, ténor sud africain) m'ont nettement moins convaincu...

Une Annette Dasch surjouant, au début tout au moins, une Eva soumise et craintive et un Johan Botha mal à l'aise dans son rôle, n'ayant pas le physique de l'emploi, celui d'un jeune chevalier amoureux transi, et prenant plus que nécessaire des attitudes empruntées et des sourires un peu niais...aïe!

Annette Dasch

Johan Botha
Mention très spéciale pour le baryton Johannes Martin Kränzle, né en 1962 à Augsburg, qui a interprété magistralement le difficile rôle du prétentieux greffier de la ville, Beckmesser, également membre de la Guilde des Maîtres Chanteurs, candidat malheureux au concours de chant, s'empêtrant dans des situations du plus haut comique et contribuant essentiellement au côté "opéra-bouffe " de cet opéra.

Johannes Martin Kränzle
Une très belle soirée vive, enlevée...qui n'aurait certes pas pâti de quelques coupures dans des scènes un peu longues (sacrilège!).



1 commentaire:

Jean Claude Mazaud a dit…

Bon j'ai donc raté une belle représentation : tant pis pour moi!
En fait j'ai toujours eu du mal avec cet opéra fort apprécié pourtant mais que je n'ai jamais pu écouter en entier.
Encore récemment il a été diffusé sur une chaine musicale et je l'avais enregistré :Hélas nous avons calé très vite (à peine deux heures et encore en deux fois)..
Peut-être qu'un jour il aura un miracle !
Peu importe, c'est bien que tu aies passé une excellente soirée.
Amitiés